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🇲🇽 Mexique #1 : Notre filleule mexicaine

voiliershazzan
31 oct. 2024
9 min de lecture
Nous étions venus au Mexique retrouver Cielo. Nous y avons trouvé bien davantage : une famille que nous avons adoptée autant qu'elle nous a adoptés... et bientôt une petite filleule mexicaine !


Vous vous souvenez sûrement de Cielo, cette jeune fille mexicaine que nous avons rencontrée en Amazonie colombienne et qui a navigué avec nous de Carthagène-des-Indes à Saint-Martin... Si, si, rappelez-vous, c'est la courageuse qui, pendant notre nuit d'enfer au large de Barranquilla, a nettoyé son vomi malgré un terrible mal de mer et des conditions dantesques !


Cette aventure n'a fait que renforcer nos liens mais surtout, nous nous sommes retrouvés sur nos valeurs et notre vision de la vie. Au fil du temps, nous sommes devenus vraiment très proches ! Même si nous nous étions promis de nous revoir, nous pleurions tous les trois, Cielo, Dominique et moi en nous serrant dans les bras quand nous nous sommes séparés à Saint-Martin.


Alors naturellement,  il nous est apparu comme une évidence que, pendant nos trois mois d'escapade pour cause de renouvellement de notre droit de séjour au Brésil, nous irions à Mexico pour passer du temps avec elle et rencontrer sa famille... une famille qui nous a d'emblée dit qu'il était hors de question que nous allions à l'hôtel ou dans une location, mais que nous devions venir habiter chez eux !


"Avec grand plaisir, bien sûr" avons-nous répondu !


La famille Sanchez-Cortez lors de la baby-shower de Dafne à Mexico
La famille Sanchez-Cortez lors de la baby-shower - Derrière : Paco, Dafne, Celeste - Devant : Cielo, Azul et Dante

Et c'est ainsi que nous avons rencontré les parents de Cielo, Celeste et Paco, ainsi que ses frères et sœurs, Dante, Azul et Dafne. Cette dernière était enceinte d'une petite fille qui allait devenir notre filleule ! Sachez-le, nous avons maintenant de la famille au Mexique.

 

Notre nouvelle famille mexicaine

Mi casa es tu casa, tu es ici chez toi !

Si nous avions pleuré en nous quittant à Saint-Martin, nous avons presque autant pleuré en nous retrouvant à l'aéroport où Cielo et Celeste sont venues nous chercher. Avec Celeste, le courant est tout de suite passé, mais comment pouvait-il en être autrement avec une femme aussi lumineuse, son sourire franc et son regard chaleureux ?


La maison de Celeste et Paco à Iztapalapa, Mexico
La maison de Celeste et Paco à Iztapalapa

La famille ne roule pas sur l'or, mais elle est propriétaire d'une maison assez grande en bordure d'Iztapalapa. Elle l'aménage peu à peu, ce qui en fait un chantier permanent depuis des années.


C'est les bras grands ouverts qu'ils nous ont accueillis chez eux. Ils sont même allés jusqu'à nous prêter leur plus grande chambre pour que nous soyons bien installés !




Ils sont comme ça, la famille Sanchez-Cortez : ils se mettent en quatre pour vous recevoir. D'ailleurs, l'une des premières phrases prononcées à notre arrivée par Celeste fut « Mi casa es tu casa ! », autrement dit « Ma maison, c'est ta maison », et de fait, nous nous sommes sentis tout de suite chez nous.


Nous ne nous sommes pas quittés pendant plus de trois semaines...

  • Nous avons vécu ensemble : fait les courses, cuisiné (beaucoup !), participé à une baby-shower (pour laquelle nous avions préparé 100 cupcakes) et accompagné Cielo en bus et en métro à ses séances de rééducation à l'hôpital ;

  • Nous avons partagé des activités diverses et variées : assisté ensemble à un concert classique et à un record Guinness de mariachis, crié ensemble pour encourager ou huer les luchadores, apporté nos voix et nos rires au joyeux bazar des promenades en trajineras et nous sommes même partis ensemble dans la région de Puebla, dans la maison familiale de Celeste ;

  • Nous avons vécu de l'intérieur el Día de los Muertos : déambulé sur le Zócalo avec les Catrinas, participé au défilé d'Iztapalapa, applaudi la grande parade dans le centre de Mexico, couru les lieux participant au concours des offrandes et même passé un bout de nuit dans un cimetière ;

  • Et par-dessus tout, nous avons ri ensemble, pleuré ensemble parfois en racontant nos vies et surtout et surtout beaucoup, beaucoup discuté !



La famille Sanchez-Cortez avec Christine et Dominique prenant un verre

Dans ce premier article, nous allons surtout vous parler de notre vie avec la famille Sanchez-Cortez !


La famille Sanchez-Cortez

Une info en passant, ici au Mexique, tout le monde a deux noms de famille, le premier correspond au premier nom de son père, le deuxième au premier nom de sa mère... Cielo, par exemple, s'appelle Sanchez-Cortez, car le premier nom de son père est Sanchez et le premier nom de sa mère est Cortez.


Autrefois, cet ordre, nom du père puis nom de la mère, était inscrit dans la loi, mais en 2016, la Cour suprême a jugé cette obligation discriminatoire. Aujourd'hui, les parents peuvent choisir l'ordre des noms.


De plus, les femmes conservent leurs deux noms de famille après le mariage : leur nom officiel reste identique, sans mention du nom de leur époux, même si, dans la vie courante, elles peuvent choisir d'ajouter le nom de leur conjoint.


Bon, revenons à notre petite famille, une famille très soudée, très unie et très solidaire.


Celeste, Christine et Dominique dans une trajinera

Celeste n'a pas les deux pieds dans le même sabot. Comme beaucoup de Mexicains, elle se débrouille à droite à gauche pour gagner un peu d'argent : elle achète en gros et revend sur les marchés de petits cadeaux de Saint-Valentin en février, des décos de Noël en décembre... Elle est bonne cuisinière, alors elle tient régulièrement des stands de vente de nourriture sur le Zócalo, la grande place de Mexico où se déroulent beaucoup d’événements (fête du livre, festival des cultures indigènes...). Je me suis tout de suite bien entendue avec elle et, au fil des jours, une belle complicité mêlée de respect s'est tissée entre nous.


Cielo, Paco et Christine en voiture

Paco, le papa, est retraité après avoir travaillé de longues années dans le gardiennage, activité qu'il a dû cesser à la suite de problèmes de santé (je crois liés au Covid).


Avec lui, nous avons beaucoup échangé sur la politique du pays et les changements intervenus depuis l'arrivée au pouvoir d'AMLO, puis de Claudia Sheinbaum.





Dante, le fils de la famille Sanchez-Cortez

Dante, le seul fils de la famille, a été un temps charpentier et, si j'ai bien suivi, il travaille maintenant dans le domaine des motos.


C'est un garçon très empathique et attentif, et il m'a souvent proposé son aide quand il me voyait galérer. Et pour ceux qui verraient les Mexicains comme un peuple macho, sachez que Dante prend activement sa part des tâches ménagères et de la cuisine !




Dafne enceinte pendant les célébrations du Día de los Muertos

Dafne, la future maman, fabrique et vend des piñatas. Elle gère sa petite affaire et vend ses créations sur mesure via les réseaux sociaux. Elle accompagne aussi sa mère sur leur stand de cuisine.


Malgré sa situation de future maman solo, elle est pétillante et pleine d'humour, comme vous pouvez le voir sur cette photo.


Le jour du défilé du Día de los Muertos à Iztapalapa, elle avait suspendu un petit panier au bras du « bébé » sortant de son ventre pour récupérer les bonbons que les passants lui donnaient en entendant la formule consacrée « Me da mi calaverita ».




Azul et Cielo dans leur maison à Iztapalapa

Azul la plus jeune des filles, est comme Dante, une motarde.



Elle a fait des études supérieures et elle travaille dans un labo pharmaceutique.




C'est elle que nous connaissons le moins car elle partait chaque jour au travail.



Cielo avec Christine et Dominique à Mexico

Cielo, l'aînée, a une formation d'architecte et elle a choisi de passer quelque temps à voyager. Elle a eu plusieurs petits boulots dans des écoles, des hôtels. Mais au Guatemala, où elle s'est rendue après nous avoir quittés à Saint-Martin, elle a eu un grave accident pendant une randonnée au sommet d'un volcan. Lors de notre venue, elle était toujours en rééducation car la consolidation de son pied fracturé ne se faisait pas très bien.


Échanges culinaires mexicano-français


Tous en cuisine

🇲🇽 Côté mexicain

  • Chiles en nogada (réclamés par les 2 Français)

  • Quesadillas en tous genres

  • Tamales,

  • Jus de zapotille

  • Tostada de tinga

  • Roméritos

  • Huevos rancheros dans une tortilla bleue

  • Et bien sûr le célèbre mole.

🇫🇷 Côté français

  • Ratatouille (réclamée par Cielo)

  • Crêpes,

  • Quiche lorraine,

  • Escalopes à la crème

  • Mousse au chocolat,

  • Profiteroles,

  • Soupe au pistou

  • Et même un plateau de fromages avec un roquefort qui, à notre plus grand étonnement, a fait un carton !




Chile en nogada : le plat aux couleurs du drapeau mexicain

Dès que nous avons annoncé notre venue à Cielo, elle s'est rappelée que nous lui avions dit adorer les chiles en nogada.


Chiles en nogada préparés par Celeste à Mexico

Alors, Celeste avait anticipé et congelé le nécessaire pour nous en cuisiner, même si ce n'était pas la saison.


Et nous sommes bien d'accord avec Cielo, les chiles en nogada de Celeste, sont les meilleurs du monde, comme Dominique pense que les meilleures mogettes du monde sont celles de sa maman Bernadette et que j'estime que les meilleurs œufs au lait du monde étaient ceux de ma maman Suzanne.



Aïe aïe, ça pique

Il faut savoir que la cuisine mexicaine peut être très piquante ! Heureusement, notre petite famille ayant bien compris que nous avions le palais "fragile", tout le monde a eu la main légère dans les préparations, ce qui amenait certains d'entre eux à ajouter plusieurs cuillerées de piment dans leur assiette...

Christine après avoir goûté une soupe aztèque très piquante


Une petite anecdote : dans un restaurant, j'ai demandé au serveur quels plats étaient les moins piquants. Il m'a parlé d'une soupe aztèque qui m'avait l'air bien sympathique !



J'aurais bien dû me douter que nous n'avions pas les mêmes références en matière de piquant car, à la première cuillerée, les symptômes sont apparus : couleur écarlate, yeux larmoyants, nez coulant et gorge en feu... ce qui a bien fait rigoler nos voisins de table ainsi que Cielo, qui a dégusté la souplette sans broncher !



On a aussi mangé des trucs bizarres !

Connaissez-vous le huitlacoche ?


Le huitlacoche, c'est un champignon parasite qui transforme les grains de maïs en excroissances noires et charbonneuses, un mets de choix parfois surnommé « truffe mexicaine » ou « caviar aztèque » en raison de son goût fumé, boisé et minéral.




Nous avons aussi dégusté des pains des morts (sucre et fromage) joliment décorés d'os, des calaveras qui sont des friandises en forme de tête de mort, en chocolat, en graines (cacahuètes, amarante...), ainsi que des galettes d’hostie colorées fourrées au miel, les obleas !


Accompagner Cielo à sa rééducation 

Un accès au soin compliqué

Cielo devait pendant notre séjour aller plusieurs fois par semaine à la rééducation et nous l'avons accompagnée, d'une part pour partager du temps avec elle mais aussi pour soulager la famille car, à ce moment-là, elle marchait encore en s'aidant d'une béquille !


Une heure et demie en bus aller et autant au retour ! Elle se rendait dans deux structures publiques car elle n'avait pas les moyens de se faire suivre dans le privé et, croyez-moi, elle ne loupait aucun rendez-vous car en rater un pouvait mettre fin au protocole de soins et les obtenir lui avait demandé de suivre un véritable parcours du combattant ! Il lui a fallu se rendre très tôt à l’hôpital, faire la queue plusieurs heures pour s'entendre dire que, comme elle avait été opérée au Guatemala, elle ne pouvait être prise en charge par le service public.


Comme elle souffrait et qu'il fallait absolument qu'elle soit soignée, elle a dû se rendre aux urgences à l'autre bout de la ville et patienter de nouveau des heures pour pouvoir être admise dans un parcours de soins. Les séances, malgré la gravité de sa blessure, lui étaient données par paquets de dix et il fallait ensuite attendre longtemps le rendez-vous suivant avec l'orthopédiste pour obtenir de nouvelles séances ! Un avant-goût de ce qui nous attend en France ?


Mais une prise en compte positive du handicap à Mexico

Par contre, nous avons été très impressionnés par les infrastructures et le comportement des Mexicains vis-à-vis des personnes handicapées.


Les gens, s'ils vous voient en difficulté ou même imaginent que vous allez l'être, vous proposent spontanément leur aide : une main tendue pour monter une marche un peu haute, une chaise avancée pour que vous vous reposiez ! Souvent en France, on hésite à proposer son aide, craignant que la personne handicapée se sente blessée ou stigmatisée. En ce qui me concerne, j'ai apprécié de ne pas avoir à demander et surtout que les gens ne se sentent nullement offusqués si vous déclinez leur proposition.


Autre point, nous avons remarqué qu'à Mexico, beaucoup de bus sont équipés d'un système qui permet d'abaisser le véhicule et ainsi de réduire la hauteur de la première marche. Ils sont aussi munis de sortes de plaques escamotables qui permettent de créer rapidement un plan incliné pour les fauteuils roulants : le chauffeur du bus descend, tire la plaque glissée sous le châssis, pousse le fauteuil à l'intérieur, l'attache avec une ceinture de sécurité à un endroit prévu pour, range la plaque et regagne tranquillement son volant, le tout avec le sourire et l'attente patiente et bienveillante des passagers !


La bebecita aura des padrinos français

Parfois, les choses se font juste comme ça, naturellement, et on est incapable d'en retracer la genèse... C'est exactement ce qui s'est passé pour notre nomination en tant que parrain et marraine. Je serais bien incapable de savoir comment cela s'est fait, mais nous avons bel et bien l'honneur et le bonheur d'être les padrinos de Laia, qui est née en janvier 2025.


Nous avons aussi eu le plaisir de participer à la baby-shower avec toute la famille et les amis de Dafne, une soirée émouvante et joyeuse où nous avons été intégrés tant à la préparation (nous avons assuré la mission "Dessert" avec plus de 100 cupcakes et tout autant de mini-mousses au chocolat) qu'aux jeux et discours qui ont émaillé la soirée !



Une petite anecdote pour finir cet article ! Les jours qui ont suivi la naissance de notre filleule, nous nous sommes inquiétés depuis Rio de Janeiro car on continuait à l'appeler bebecita (petite bébé) faute de lui avoir donné un prénom. Après deux jours, une semaine, deux semaines, nous avons commencé à nous dire qu'elle devait avoir un problème et nous avons fait part de nos inquiétudes à Cielo ! Mais non, les padrinos, tout va bien ! Nous avons trois mois pour déclarer l'enfant, ce qui nous donne le temps de choisir un prénom en lien avec ce que nous ressentons de sa personnalité.


Voilà, maintenant vous connaissez un peu mieux notre famille mexicaine !

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© 2021 Voilier Shazzan

Crédit photo : Equipage Shazzan, Machin Truc, Violaine Parcot,

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