Retrouver nos chers amis cubains en Géorgie
- voiliershazzan
- 25 déc. 2024
- 13 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Après notre escapade au Pérou et au Mexique, nous avons continué notre road-trip vers les États-Unis pour aller voir nos amis cubains Ana, Palacio, Hany et Dianko, qui se sont installés en Géorgie !

Alors, bienvenidos ou welcome ?
Et oui, la petite famille que nous avions rencontrée à La Havane a réussi à quitter Cuba en 2023 grâce à la loterie des visas. Pour en savoir plus sur notre rencontre et sur ce système de loterie, vous pouvez relire l’article de blog "Bienvenidos chez Ana & Palacio".
Nos amis ont rejoint une partie de leur famille à Valdosta
Ils ont élu domicile à Valdosta, en Géorgie, où réside une partie de la famille de Palacio. Nous étions tous très émus et immensément heureux de nous revoir. Nous avons partagé leur quotidien pendant un peu plus de trois semaines. L'occasion de constater qu'ils ont vite adopté certaines habitudes nord-américaines, en particulier pour l'alimentation. Mais comment leur en vouloir quand on sait qu'ils ont, pendant de nombreuses années, manqué de tout ?
Pour s'intégrer, ils développent une énergie incroyable
Du côté de la langue, les enfants se sont vite mis à l'anglais. Ana était en pleine progression pendant notre séjour, tandis que cela restait un peu plus compliqué pour Palacio. À sa décharge, la communauté hispanophone est très présente dans cette région, et il est toujours plus facile de converser dans sa langue maternelle. Alors, pour répondre à la question posée en titre : « Bienvenidos ou welcome ? » Eh bien, les deux, mon capitaine !
En tout état de cause, nous avons été impressionnés par l'énergie déployée par toute la famille pour s'en sortir dans ce nouveau pays, totalement à l'opposé de celui qu'ils ont dû quitter. Ils se sont démenés pour trouver du travail. Pendant notre séjour, Ana cumulait deux emplois à la base militaire de Valdosta tout en suivant une formation en cours du soir. Palacio, lui, travaillait de nuit dans un Walmart, et les enfants réussissaient très bien dans leurs études !
Depuis, ils ont acheté une maison, Ana a obtenu son diplôme et continue son cursus, Palacio a trouvé un travail de jour. Tous les deux continuent de travailler dur pour offrir un meilleur avenir à leurs enfants, même si leur pays et leur famille restée à Cuba leur manquent terriblement. Chapeau à eux !
Nous sommes liés à jamais

Comme nous leur avons donné un coup de main pour démarrer cette nouvelle vie, nous resterons liés à jamais. En cas de coup dur, nous nous soutenons en prenant des nouvelles presque chaque jour et en échangeant sur de possibles solutions. C'est tout naturellement que nous leur avons offert pour Noël un cadre avec une photo de Shazzan, ce voilier sans lequel nous ne nous serions jamais rencontrés !
D'ailleurs, le croirez-vous ?
La tante de Palacio, Tía Clarita, habite avec ses deux filles à Valdosta. C'est elle qui a accueilli nos amis pendant plusieurs mois lorsqu'ils sont arrivés aux États-Unis.
Cela semble difficile à croire, mais sur le pas de sa maison, on peut lire « Blanchard's », du nom du premier propriétaire... C'est une des premières choses qu'Ana m'avait écrites lors de son arrivée aux États-Unis, tant cela l'avait émue. Quand nous l'avons découverte à notre tour, lors d'un moment partagé en famille chez Tía Clarita, nous avons été tout aussi touchés de voir notre propre nom de famille ainsi gravé dans le sol ! | ![]() |
Une fois n'est pas coutume, nous allons à la messe
Nos amis sont très croyants et sont membres de la communauté évangélique. Cette Église les a beaucoup aidés lorsqu'ils étaient encore à Cuba, où elle est tolérée, mais où le lieu de culte ne doit montrer aucun signe religieux depuis l'extérieur. Chez les évangéliques, chaque membre contribue à hauteur de 10 % de son revenu. À Cuba, cet argent est redistribué pour aider ceux qui souffrent le plus des conditions de vie difficiles. En Géorgie, les églises sont très nombreuses et nous en avons compté pas moins de 25 en parcourant les 13 kilomètres qui séparent la maison d'Ana et Palacio du grand supermarché, chacune arborant de nombreux panneaux lumineux et de grandes pancartes indiquant les horaires des offices et des formations... Il faut dire qu'aux États-Unis, les églises bénéficient du régime fiscal le plus avantageux du pays et que le nombre de fidèles détermine les moyens de l'église et de son pasteur.

Quand nos amis sont arrivés aux États-Unis, l'église qu'ils ont rejointe les a beaucoup aidés en matière d'intégration, mais aussi du point de vue matériel en leur donnant une voiture et en les aidant à trouver du travail. Toutefois, nous avons cru comprendre que les aides étaient principalement destinées aux fidèles.
Quand nos amis nous ont demandé si nous acceptions de chanter cette chanson de Marcos Yaroide (https://www.youtube.com/watch?v=jJ0ybVh4X-0) avec eux à l'église pour une célébration de remerciement, nous leur avons rappelé que nous ne partagions pas leur foi et que nous ne penserions pas à Dieu en vivant ce moment avec eux, mais à la force de l'amour et de la solidarité entre les humains.
C'est donc avec amitié et un grand respect réciproque pour nos croyances que nous avons chanté ensemble. C'était d'autant plus important pour eux qu'ils tenaient à nous remercier devant l'assemblée des fidèles réunis ce jour-là et devant leur Dieu.

La cérémonie était entièrement en espagnol, mais nous avons pu suivre l'ensemble de la célébration car nous avions à notre disposition des écouteurs avec la traduction simultanée en anglais ainsi qu'un écran qui affichait les paroles des chants entonnés par les fidèles.
La soirée s'est prolongée par un repas partagé et une séance photos.
Certaines choses nous ont étonnés dans cette ville
En déambulant dans les rues et les commerces de Valdosta, certaines choses nous ont sauté aux yeux . Voici quelques « bizarreries » pour nos yeux de Français !
Si vous allez faire les courses, vous pourrez le faire en peignoir ou en pyjama . En revanche, vous devrez être incollables sur les noms anglais des légumes que vous achetez pour aider la caissière ! À droite, voici la maison achetée par Ana et Palacio depuis notre passage . Elle n'est pas parmi les plus grandes, loin s'en faut !
Les rayons de snacks et de sodas dans les supermarchés sont vraiment gigantesques , mais il est difficile de trouver certains légumes frais non préparés , pourtant basiques comme les poireaux. Une petite anecdote au sujet des poireaux : nous avons fini par en trouver en vrac, mais la caissière ignorait le nom de ce légume. Il a donc fallu que nous recherchions sa traduction en anglais pour pouvoir payer !
Les fours sont XXL alors que les gens cuisinent très peu . Peut-être est-ce simplement pour recevoir, une fois par an, la traditionnelle dinde de Thanksgiving ?
Les gens se baladent carrément en pyjama ou en peignoir au supermarché, dans la rue et même à l'aéroport !
En parlant d'aéroport, nous avons été estomaqués de voir que tout le personnel , que ce soit à l'enregistrement ou à l'embarquement, parlait en espagnol et non en anglais!
Tout le monde se déplace en voiture (généralement de grosses voitures de type pick-up !) . Vous ne croisez aucun piéton !
Les maisons sont le plus souvent très grandes, surtout dans les quartiers « blancs », et un drapeau confédéré flotte assez régulièrement à l'entrée de la propriété.
L'ophtalmo, une marchandise comme une autre
Lors de mon séjour, j'ai commencé à avoir un œil rouge et larmoyant, cela m'arrive de temps en temps. Je connais donc le traitement : de quoi laver l’œil et quelques jours de pommade antibiotique appliquée localement.
Comme il était impossible d'en obtenir sans ordonnance, le pharmacien à l'entrée du Walmart (le Carrefour ou Auchan local !) m'a conseillé d'aller au cabinet d'ophtalmologie de la galerie marchande. Vraiment, il y a un ophtalmo dans la galerie commerciale ? Yes, madam, there is indeed an ophthalmologist in the shopping mall !

Je m'y rends donc... Quand je demande à voir l'ophtalmo, on me réclame direct mon passeport et ma... carte bleue. J'ai donc dû régler la consultation (de mémoire 85 USD) avant même de m'asseoir dans la salle d'attente !
De même, Hany, qui souffrait beaucoup des dents de sagesse qu'il fallait, selon les dires mêmes du dentiste, enlever très vite sous peine de grave infection, a dû attendre que ses parents aient l'argent nécessaire !
J'ai depuis rencontré une navigatrice dans un mouillage qui me vantait la technicité et la compétence des médecins états-uniens... Peut-être sont-ils effectivement parmi les plus compétents du monde, mais accéder à leurs soins n'est de fait pas possible pour tous. Que vive longtemps la protection sociale française ou plutôt qu'elle ressuscite comme elle était autrefois !
Ambiance champs de coton et bayous
Comme nos amis travaillaient et que les enfants étaient à l'école, nous en avons profité pour nous balader... De fait, il n'y avait pas grand-chose à visiter aux alentours, mais en recherchant ce que nous pourrions faire, j'ai tout de suite tilté sur les mots «coton» et «bayou», des mots qui m'ont immédiatement évoqué la Louisiane, du nom de la saga éponyme que j'avais lue dans ma jeunesse. Nous nous sommes donc rendus près de Lakeland pour découvrir ce type d'écosystème marécageux et voir à quoi ressemblait «en vrai» un champ de coton !
Les marécages de Banks Lake
Lorsque nous atteignons les marécages de Banks Lake à Lakeland, le changement d'ambiance est radical par rapport aux paysages situés juste autour de Valdosta.

Depuis les airs, la perspective offre une vue d'ensemble sur ce que l'on appelle ici un «pocosin», une dépression naturelle formant un lac d'eau sombre peu profonde. Ne croyez-pas que cette eau soit sale ! Cette couleur sombre provient de la décomposition très lente des aiguilles de pin, des feuilles et de l'écorce des cyprès dans l'eau. Les acides organiques (tanins) s'y accumulent et teintent l'eau comme une infusion de thé géante. On y observe des dizaines de cyprès chauves qui poussent directement dans l'eau, leurs branches étant drapées de guirlandes de mousse espagnole qui oscillent au gré du vent.
La nature ne manque décidément pas d'imagination lorsqu'il s'agit de s'adapter à son environnement.

Les cyprès en sont un bel exemple : ils survivent les pieds dans l'eau grâce à des excroissances racinaires appelées «pneumatophores» (ou genoux de cyprès) qui leur permettent en quelque sorte de respirer.
Et quelques mètres plus haut, les plantes épiphytes ont trouvé une autre façon de tirer parti de ce milieu… Loin d'être des parasites, elles captent dans l'air et la pluie l'humidité et les nutriments dont elles ont besoin, comme les « filles de l'air » découvertes au Guatemala.
Les champs de coton
C'est donc cela, un champ de coton « en vrai » !
Malheureusement, quand nous sommes passés, les plants portant les précieuses fleurs de coton étaient plutôt clairsemés à cause du passage récent de l'ouragan Helene fin septembre. Ce phénomène météo avait en effet balayé une grande partie des cultures juste avant la récolte. Nous avions déjà vu les séquelles de cette tempête à Valdosta, avec de nombreux arbres déracinés et des maisons éventrées.
Malgré tout, on pouvait voir le résultat de la récolte sur les rares parcelles à peu près épargnées, où le coton était compacté sous la forme d'immenses rouleaux cylindriques enveloppés de plastique jaune.
La soirée de Noël
Pour le réveillon de Noël que nous allions passer avec une partie de la famille de Palacio, nous avons proposé de réaliser un repas français ! Sur le papier, le menu était bien : toasts et amuse-bouches pour l'apéritif, poulet et gratin dauphinois, plateau de fromages et bûche au chocolat ! Il faut bien le dire, notre proposition a suscité l'enthousiasme général, alors nous nous sommes mis au travail.
En avant pour la mission courses !
Tout a commencé par la mission courses et déjà, ce ne fut pas une mince affaire de cocher toute notre liste, l'une des tâches les plus chronophages étant de trouver du poulet entier ! Après de nombreuses recherches et plusieurs magasins, nous nous sommes rabattus sur deux énormes poulets décongelés qui (désolée du détail peu ragoûtant) baignaient dans un jus rosé ! Bon, on ne va pas se laisser arrêter par quelques détails !
Les préparatifs commencent dans la bonne humeur
Nous nous sommes tous mis à l'ouvrage pour préparer toasts et amuse-bouches. Les sourires en disent long sur le bonheur qui régnait autour de la table.

Bon, où en est-on ? Toasts OK, patates épluchées OK, je me lance donc dans le dessert : une bûche au chocolat !
D'abord les génoises : tout va bien et je suis super satisfaite de leur moelleux quand elles sortent du four...
Je continue en m'attaquant à la ganache : super, elle me semble parfaite.
Vient l'heure des poulets... qui ont chopé une drôle de maladie !
La journée avançant, Dominique s'occupe de mettre les poulets au four et là, une fois sortis de leur sachet, leur peau est aussi blanchâtre et ridée que s'ils avaient macéré deux heures à la piscine... De plus, on constate que leur petit bidon est plein de flotte...Direction le four, mais au bout de 15 minutes, ils sont de nouveau à la piscine et le plat menace de déborder ! Autant vous dire qu'à la fin, les volatiles avaient carrément subi une cure d'amaigrissement et que leur chair était, comme on dit dans le Sud, mouligasse !
Quant à la bûche, elle est persuadée qu'il faut être dure comme du... bois
Oh malheur, la ganache était dure comme une vraie bûche à sa sortie du frigo ! Mais pourquoi ?
Je suis bien certaine que vous serez d’accord avec moi : en France, une bonne crème fraîche entière est à 30 % de matière grasse et ne contient que de la crème de lait de vache... Donc, quand nous avons enfin dégoté une crème fraîche fraîche (qui se garde au frais quoi !), nous étions tellement contents que nous n'avons absolument pas eu l'idée de scruter la liste des ingrédients ni le pourcentage de matière grasse !
Au début, j'ai pensé en regardant la liste des ingrédients que la coupable était la gomme de xanthane qui avait été ajoutée à la crème fraîche.

Mais après mes investigations ultérieures, le coupable s'est avéré être le taux de matière grasse qui grimpe aux États-Unis jusqu'à 36 % voire 40 %.
Une fois placée au réfrigérateur, toute cette matière grasse a figé intensément, rendant la ganache dure comme du béton !
Si je l'avais su, j'aurais pu lui ajouter un peu de lait tiède pour la détendre... mais je l'ai su trop tard ! En revanche, c'est bien la gomme de xanthane qui était responsable du côté caoutchouteux du gratin dauphinois !
Conclusion : Christine, si tu veux mettre à l'honneur la cuisine française, lis bien toutes les étiquettes des produits que tu achètes et apprends à t'adapter aux conditions locales ! Résultat toutefois non garanti !
Mais personne n'a rien dit !
Les convives ont été très sympas et polis car ils nous ont remerciés et même félicités pour la cuisine ! Après l'ouverture des cadeaux, nous avons sacrifié à la balade nocturne pour admirer les maisons les plus décorées et les installations de Noël du centre-ville.
Et malgré un repas, avouons-le, plutôt raté, nous avons passé une excellente soirée !
Avant de conclure et de vous donner rendez-vous à Rio de Janeiro pour le prochain article, je veux vous parler de l'histoire de la famille de Palacio.
Les Cayucas de la liberté : Le récit de mon ami Palacio
« Je n'avais qu'à peine 7 ou 8 ans. C'était aux alentours de l'année 1968. »
Quand mon ami Palacio commence à me raconter l'histoire de sa famille à Cuba, le ton est donné. C'est un récit de mer et de survie, à une époque où le gouvernement cubain cataloguait la fuite de l'île comme une « trahison à la patrie ». Se faire surprendre signifiait de longues années de prison. C'est pour cela que tout se faisait de nuit, dans l'ombre et le secret le plus absolu. Voici ses mots, l'histoire de l'exode d'une partie de sa famille.
Le stratagème de la cayuca
« Tout a commencé quand mon oncle Gaspar Palacio s'est mis d'accord avec son petit frère Octavio et deux de nos cousins. Ensemble, ils ont construit ce qu'on appelle chez nous une cayuca, une barque en bois. Pour l'anecdote, ils l'ont faite avec les ressources du gouvernement lui-même ! Les autorités leur avaient donné le bois et le reste des matériaux, car l'embarcation devait initialement servir à l'État pour transporter du bois d'un point à un autre. Le jour même où ils l'ont terminée, ils l'ont mise à l'eau et ils sont partis par la côte sud de Maisí, à Guantánamo. Ils ont passé plusieurs jours en mer, livrés aux vagues, jusqu'à ce qu'un navire — dont j'ignore la nationalité — les récupère. Ils ont été conduits à la base navale de Guantánamo, où ils sont restés quelques jours avant d'être transférés par avion vers Miami. Plus tard, ils sont partis vivre à New York. »
L'odyssée des trois embarcations se glissant dans la nuit noire
« Quelques mois plus tard, la tante Taciana et sa fille Clarita, ainsi que les oncles Evidio et Nicolás, ont décidé de courir le même risque fou par la mer.

Cette fois, les familles partaient au complet, avec des enfants et même des bébés. Trois cayucas se sont lancées à l'eau, avec plus de huit personnes à bord de chacune. Elles ont appareillé dans le noir absolu, frêles silhouettes face au grand vide de l'inconnu. Au moment précis où l'un des bateaux touchait l'eau, un des hommes s'est rendu compte qu'il avait oublié quelque chose sur la plage. Au péril de sa vie, risquant à tout moment d'être capturé par les garde-frontières, il a décidé de retourner au rivage à la nage pour aller le chercher. La chance était avec lui : il a réussi son coup et a pu rattraper le groupe à la nage. »
Le face-à-face en haute mer
« Une fois en haute mer, les hommes étaient épuisés à force de ramer. La soif et la faim commençaient à se faire cruellement sentir — je crois qu'ils naviguaient depuis trois jours. C'est là qu'ils ont croisé la route d'un navire soviétique. Au lieu de les aider, ce bateau a foncé sur eux avec l'intention délibérée de leur passer dessus et de les couler.
Par chance, un garde-côte étatsunien s'est approché au même moment. Il s'est interposé pour leur offrir sa protection et empêcher les Russes de les envoyer par le fond. Ce même garde-côte les a recueillis à son bord. L'équipage leur a prodigué des soins médicaux, leur a donné de la nourriture et les a ramenés vers la terre ferme, pour débarquer à Key West, en Floride. Là-bas, ils ont été accueillis et pris en charge par leurs deux frères arrivés quelques mois plus tôt. Ils sont ensuite partis s'installer avec eux à New York. »
Une famille unie mais dispersée de par le monde
« L'histoire ne s'arrête pas tout à fait là. Ma tante aînée, la sœur de ma mère, qui est la mère des tantes que vous avez rencontrées, s'appelait Juana Durán. Un an après ce grand départ collectif, elle a réussi à quitter Cuba par avion vers l'Espagne avec sa fille Daniela et son plus jeune fils, Carlo. Depuis l'Espagne, ils ont enfin pu rejoindre les États-Unis. C'est là-bas que la mère a pu retrouver tous ses enfants, et qu'ils ont formé, ici, une grande et belle famille. Et depuis, d'autres membres de ma famille sont venus ici, aux États-Unis mais, nous n'oublions pas notre île et ceux qui vivent encore là-bas. »




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