🇧🇷 Brésil #2 : Si tu vas à Rio, n'oublie pas...
Dernière mise à jour : il y a 3 heures
Rio comme port d’attache : un mouillage au pied du Pain de Sucre, le Corcovado en toile de fond, des Cariocas hauts en couleur, de belles amitiés et une ville dont il n’est pas si facile de larguer les amarres…

Comme nous vous l'avions expliqué dans notre article  Brésil #1 : de João Pessoa à Rio de Janeiro, différents aléas techniques et météorologiques nous ont amenés à repousser notre périple en Patagonie... Notre escale à Rio de Janeiro en voilier s'est donc prolongée : Shazzan a donc pris une bouée à Rio début septembre 2024 et ne l'a relâchée que dans les premiers jours de février 2025, soit cinq mois plus tard.
Donc, même si pour des raisons de visa nous sommes partis en road-trip hors du Brésil pendant trois mois, cela nous a laissé deux mois pour profiter de cette ville joyeuse et trépidante où il fait bon vivre...

Cela nous a aussi laissé le temps de nouer de belles relations avec Giovani, Weber, Myriam et Maria.
Nous nous sentions tellement proches que nous avons créé un groupe WhatsApp "Shazzan Rio 2030" qui nous permettra de rester en contact en attendant que nous nous retrouvions physiquement aux alentours de 2030, après nos traversées des océans Pacifique et Indien, et de l'Atlantique Sud !
N'oublie pas d'aller au mouillage de Giovani
Giovani : un sacré personnage qui ne s'en laisse pas compter
Le bon plan se partage de bateau en bateau : "Si tu vas à Rio, n'oublie pas de contacter Giovani pour prendre une de ses bouées." Et on comprend bien pourquoi, car c'est vraiment un mouillage de rêve : le parc de bouées de Giovani est idéalement situé dans la baie de Rio, juste sous le Pain de Sucre et avec vue sur le Corcovado, un mouillage exceptionnel qui se trouve, de plus, dans le quartier le plus sûr de la ville, Urca.

Mais ce n'est pas la seule raison car il faut aussi y aller pour rencontrer Giovani, un sacré personnage ! Il gère son mouillage de main de maître et il se met en quatre pour que tout se passe bien pour tout le monde ! Il vit sur son bateau juste à côté et garde ainsi toujours un œil sur votre maison flottante quand vous vous absentez. Il connaît tout le monde et saura vous envoyer vers la boutique ou le dépanneur dont vous avez besoin, vous emmener jusqu'à la plage avec sa barque et même vous livrer de l'eau avec un tuyau qui vient de... je ne sais où.
Certains disent qu'il a aussi un sacré caractère, et heureusement, car il en faut pour résister depuis des années aux pressions de la marina voisine (Iate Clube de Rio de Janeiro) qui, apparemment, voudrait bien récupérer ses bouées. Mais je vous l'ai dit, Giovani connaît tout le monde, alors ce n'est pas demain la veille qu'ils parviendront à leurs fins !
Les cariocas : de vrais bons vivants !
Voilà pour le côté "marin" de l'affaire, mais que serait un mouillage de rêve si on restait seul sur son voilier ? Bien peu de choses finalement ! Par bonheur, Giovani est aussi le grand roi du slow dating entre locaux et voyageurs : tous les dimanches, sur un ancien "promène-touristes", il organise des barbecues avec les marins locaux et les navigateurs de notre espèce.
Non seulement ces journées sur Chloroquina nous ont permis de découvrir des plats brésiliens, mais aussi de passer du bon temps entre potes. Chaque dimanche, c'est barbecue en commun et lorsque nous rentrons sur Shazzan dans la nuit, nous avons chaque fois la joie au cœur après une journée festive mais toute tranquille !
Nous avons même passé le Nouvel An sur Chloroquina et ce fut une sacrée fiesta avec, en plus des agapes, de la musique, de la danse et une ambiance du tonnerre ! Et quand même, ce n'est pas rien d'admirer les feux d'artifice du Nouvel An tirés dans la baie et à Copacabana en compagnie de Brésiliens (nous étions les seuls étrangers !). Oui, ce fut une fiesta mémorable !
Weber et Myriam : quand l'amitié dépasse la barrière de la langue
Un couple de marins, Weber et Myriam, officient au barbecue et en cuisine sur Chloroquina !
Ces deux-là sont vite devenus nos amis et pas seulement pour leurs délicieuses préparations:
feijoada, un plat populaire qui fait une belle place aux mogettes locales
pão de alho, de petits pains avec une croûte grillée au barbecue et un intérieur coulant à la mayonnaise à l'ail ; même si cette description ne vous ouvre pas l'appétit, je vous assure que c'est délicieux, régressif et très addictif
cassoulet de frutos do mar : désolée pour les puristes, mais ce cassoulet brésilien est succulent même si, avouons-le, son seul point commun avec le cassoulet de notre Sud-Ouest (je vais éviter de faire des ennemis en citant Toulouse ou Castelnaudary !), ce sont les haricots secs ! J'ai cru comprendre que la cuisine française avait la cote et que nommer des plats avec des mots français comme soufflé, cassoulet ou consommé avait un petit côté chic !
churrascos divers et variés : grillades de bœuf, porc, poissons, crevettes...
Les ingrédients du cassoulet aux fruits de mer Weber faisant griller les pães de alho au barbecue Cuisson de la feijoada brésilienne à bord de Chloroquina
Les ingrédients du Cassoulet aux fruits de mer - Weber qui passe les pães de alho au barbecue - La cuisson de la feijoada
Malgré la barrière de la langue, nous avons noué une vraie relation d'amitié avec Weber et Myriam.

Déjà , nous sommes tous les quatre des marins car ces deux-là ont écumé la côte brésilienne pendant 17 ans avec leur petit voilier!
De plus, nous sommes quasi de la même génération (Weber et moi avons été, en notre temps, les rois de COBOL et MERISE !) et, le plus important, nous partageons les mêmes valeurs : il n'en faut pas plus pour que naisse une belle relation pleine de complicité...
D'ailleurs, je me souviens parfaitement du moment où cette complicité est née. Nous leur racontions tant bien que mal notre traversée Saint-Martin / Brésil (pour rappel, 25 jours de près serré contre vents et courants !) et nous avions conclu en disant que ce n'était pas très confortable !
Et à ce moment-là , éclat de rire de Weber sur le mot « confortable ».
Vraiment ? Seulement « pas confortable » ?
Et d'éclater de rire à nouveau : « Mais vous êtes des fous, mes amis !!! »
Comme je vous le disais, nous ne parlons pas portugais et eux ignorent tout de la langue de Molière, mais après quelques choppies de bière et copos de caïpirinha, l'espagnol devient portugnol et si on y ajoute quelques mots d'anglais et surtout des gestes à la mode italienne, tout le monde se comprend ! Et quand ça coince, les traducteurs en ligne complètent l'affaire ! Et puis, je ne vais pas vous apprendre que parler n'est qu'un des moyens de communication et ce n'est pas, et de loin, le seul langage à notre disposition.
Maria : celle qui n'a peur de rien
Maria, nous ne l'avons pas rencontrée sur Chloroquina mais au quai de débarquement sur la plage d'Urca. Un jour, alors que Dominique arrivait en annexe au petit quai, il entend quelqu'un lui dire en français : « Vous avez besoin d'aide pour l'amarrage ? »
À partir de là , bla bla, bla bla... Maria est venue à bord de Shazzan et nous sommes allés prendre l'apéro sur le petit voilier de 7 ou 8 mètres qu'elle venait tout juste d'acquérir, alors qu'elle ne connaissait absolument rien à la navigation !

Comme elle parlait parfaitement français (elle a même vécu quelque temps aux Sables-d'Olonne !!!), nous l'avons un peu prise sous les ailes... ou plutôt sous les voiles de Shazzan pour lui transmettre quelques connaissances et compétences.
Elle est même venue en « stage » pour le nettoyage et le graissage des winchs et une session de matelotage.
Je vous le dis, Maria, c'est une sacrée petite bonne femme : elle n'a peur de rien ou du moins de pas grand-chose, et elle n'a pas hésité à partir naviguer avec sa petite unité, ce qui lui a valu quelques frayeurs mais lui a aussi permis d'acquérir assez vite une jolie expérience. Aux dernières nouvelles, elle était équipière sur un voilier qui transatait entre le Brésil et l'Afrique du Sud !
N'oublie pas d'explorer la ville
De monter admirer la vue depuis le Corcovado
Juché à 710 mètres d'altitude, le Christ Rédempteur est à n'en pas douter un symbole fort de la ville de Rio.
Statue du Christ Rédempteur vue de près au Corcovado Chapelle située dans le piédestal du Christ Rédempteur Dominique et Christine devant le Christ Rédempteur à Rio de Janeiro Vue panoramique de Rio de Janeiro depuis le Corcovado
Quelques chiffres et anecdotes sur cette statue emblématique :
la statue a été conçue par l'ingénieur brésilien Heitor da Silva Costa et réalisée avec la collaboration de plusieurs artistes et ingénieurs, dont le sculpteur français Paul Landowski
il a fallu près de dix ans de travail avant qu'elle ne soit inaugurée en 1931
elle mesure 38 mètres de haut, piédestal inclus, et pèse environ 635 tonnes
elle est recouverte de millions de petits fragments triangulaires de stéatite que l'on distingue en regardant la statue de près
son piédestal abrite une chapelle où sont célébrés, entre autres, des baptêmes.
De chiller sur la plage de Copacabana
Encore un nom évocateur... Copacabana déploie ses quatre kilomètres de sable blanc en arc de cercle entre deux promontoires rocheux.
Notre balade à Copacabana a débuté par un repas les pieds dans le sable avec Arnaud et son amie Emma (Arnaud, le fils d'une de nos grandes amies, était au Brésil pour ses études). Nous nous sommes ensuite baladés le long du front de mer pour nous imprégner de l'ambiance. Sachez que si vous y allez, vous pourrez vous baigner dans les vagues ou encore pratiquer des activités comme le beach-volley, le surf... Et vous pourrez toujours héler le vendeur de brochettes qui trimbale son brasero sur la plage en cas de petite faim !
Plage de Copacabana à Rio de Janeiro Baigneurs et parasols sur la plage de Copacabana Dominique et Christine sur la plage de Copacabana Repas les pieds dans le sable sur la plage de Copacabana Vendeur ambulant de brochettes sur la plage de Copacabana Plage et promenade de l'Avenida Atlântica à Copacabana
Sur la dernière photo, vous remarquerez le célèbre pavage noir et blanc de l'Avenida Atlântica, dont le motif ondulant évoque les vagues.
D'assister au show d'un Fredy local sur la plage d'Ipanema
Je vous vois venir, vous vous voyez déjà sur la plage et imaginez de belles naïades aux courbes généreuses mises en valeur par un maillot remontant sur la hanche !!! Ou bien peut-être espérez-vous un bel Apollon surfant la vague ou exhibant ses tablettes de chocolat sur le sable chaud !!! Rassurez-vous, vos attentes seront satisfaites, mais Ipanema, tout comme Copacabana, reste une plage populaire avec des ventres rondelets, des cuisses grassouillettes, des corps tannés par un trop-plein de soleil, des familles avec leurs chaises de camping et leur glacière, et des enfants qui réclament une glace en trépignant !
Mais le clou du spectacle ce jour-là , c'était sans aucun doute ce vieux surfeur qui, les cheveux teints et le verbe haut, tentait de garder sa superbe pour continuer à vendre ses cours de frescobol, un jeu traditionnel brésilien qui se pratique à deux avec des raquettes en bois ! Je vous déconseille de comparer la photo de Fredy sur son affiche à la réalité du bonhomme, vous risquez d'être un peu déçus.
Dans tous les cas, ce Fredy brésilien nous a fait notre après-midi car ses rides et la ptôse inéluctable de ses pectoraux n'enlevaient rien à sa folle énergie ni à ses talents de showman!
De chercher Shazzan depuis le Pão de Açúcar
Le Pain de Sucre, reconnaissable à sa forme particulière, culmine à 396 mètres et offre une vue panoramique sur la baie de Rio et le mouillage de Giovani. On y accède en téléphérique ou à pied par les sentiers et voies d'accès du massif.
Chloroquina devant le Pain de Sucre Ă Rio de Janeiro Vue sur Copacabana depuis le Pain de Sucre Vue sur la baie de Rio depuis le Pain de Sucre
Chloroquina devant le Pain de Sucre - Vue sur Copacabana et la baie de Rio
De rendre hommage à Yemanja, la déesse de la mer
Dans les religions afro-brésiliennes, Yemanja est une divinité associée à la mer et à la maternité. Vénérée notamment comme protectrice des pêcheurs et des marins, elle est aussi une figure maternelle à laquelle on confie ses souhaits et ses prières.
Vêtus de blanc, ses fidèles lui offrent des fleurs, elles aussi le plus souvent blanches, mais également toutes sortes de menus présents confiés à la mer, parfois dans de petites barques qu’ils déposent de leurs mains sur les flots. Les regards suivent les offrandes avec solennité et espoir car, selon la tradition, lorsqu'elles partent vers le large, c'est que Yemanja les a acceptées. Par contre, si elles reviennent s'échouer sur la plage, certains y voient le signe que la déesse les a refusées, les invitant à s'interroger sur la pureté de leur intention.
Ces rituels prennent une ampleur particulière lors de la fête de Yemanja, le 2 février, mais les offrandes à la déesse de la mer font également partie des traditions du Nouvel An au Brésil.
L'appel du large et une promesse de rendez-vous en 2030
Après ces quelques mois d'escale inoubliable, l'horizon nous appelait de nouveau.
C'est le cœur plein de la chaleur des Cariocas, et avec la douce certitude que nous retrouverons nos amis Giovani, Weber, Myriam et Maria aux alentours de 2030, que nous avons largué la bouée de Shazzan pour l'emmener vers sa prochaine aventure.
Cap au sud vers la Costa Verde, à la découverte des secrets sauvages d'Ilha Grande et des ruelles coloniales de Paraty !
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