Mexique #3 : Puebla, trajineras, luchadores...
- voiliershazzan
- 9 nov. 2024
- 7 min de lecture
Maintenant que vous connaissez un peu mieux notre famille mexicaine et que vous savez tout ou presque sur el Dia de Los Muertos, il nous reste à vous parler de notre escapade dans la région de Puebla, à vous convier au spectacle haut en couleur et en ambiance des luchadores et à vous embarquer sur une trajineras à Xochimilco ! Ah j'allais oublier les deux concerts qui nous ont plongés dans des univers très différents !
En route pour Puebla
Un voyage épique
C'est décidé, nous partons tous (sauf Azul qui travaille ces jours-là) pour la région de Puebla et plus précisément le village de San Juan Tetla où se trouve la maison familiale de Celeste. Nous louons donc une voiture 7 places pour quelques jours mais les 2 places à l'arrière étaient d'avantage prévues pour des enfants de cinq ans que pour des adultes, autant vous dire que Celeste et Dante qui les occupaient sont arrivés avec les jambes complétement ankylosées !

Toute l'équipe, en mode colo de vacances, était joyeuse ! L'ambiance musicale a remporté la palme de la diversité puisque nous choisissions à tour de rôle, le morceau à diffuser ce qui nous a valu de découvrir que la chanson Lolita de Alizée avait carrément la cote au Mexique, enfin au moins auprès de Paco ! Ce ne fut d'ailleurs pas notre seule découverte drôle car nous avons bien eu le temps d'apprécier le sens de l'orientation de Cielo était inversement proportionnel à sa gentillesse : elle nous a fait prendre des soit-disant raccourcis qui ont porté à plus de 6 heures le voyage du retour alors que l'aller ne nous avait pris qu'à peine 3 heures ! Je ne vous dis pas l'état des jambes des deux pauvres passagers assis à l'arrière...
De vrais moments de convivialité
Bien sûr cuisine et partage de repas ensemble mais aussi soirée dés, moment farniente au soleil et sans oublier la visite des serres du frère de Celeste qui est maraîcher.
Visites en vrac
Visite de l'ex-convento de San Miguel (site du patrimoine mondial de l'UNESCO), dégustion de cidre, nigth tour à Puebla, découverte du pueblo magico Atlixco...
Saviez-vous que les mexicains avaient mis la pâtée à la France en 1862 ?
Nous avons beaucoup discuté ensemble de tout, de rien, de politique, de mode de vie, de cuisine, du Mexique, de la France, de nos parcours mais aussi d'un épisode historique qui relie nos pays. Saviez que les Mexicains ont mis une sacrée raclée à la France un certain 5 mai 1862, un fait dont ils ne sont pas peu fiers comme en atteste le nombre de rues qui s'appellent "Cinco de Mayo" et comme en attestait tout autant le petit sourire malicieux de Paco quand il nous a raconté cette histoire !
A cette époque, le Mexique, ruiné par des guerres, avait suspendu le paiement de ses dettes à la France et Napoléon III s'est dit que ce serait un bon prétexte pour envahir le pays et y imposer un empereur français ! Mais, quand le 5 mai 1862, l'armée française débarque à Veracruz avec l'intention de marcher sur Mexico, le général Ignacio Zaragoza et ses troupes, malgré des ressources et équipements très limités ont réussi à repousser l'assaut d'une armée considérée à cette époque comme l'une des plus puissantes du monde. Depuis, la bataille de Puebla est célébrée au Mexique comme un symbole de résistance nationale et de courage face à l'envahisseur, c'est à dire face à nous, les français !
Retour à Mexico avec les trajineras de Xochimilco
Cielo nous dit : "Nous allons aller nous promener sur les canaux de Xochimilco".
Nous voilà partis pour deux heures de bus... une durée de déplacement ordinaire Mexico étant une ville très étendue. Quand nous arrivons sur place, il faut attendre car il y a embouteillage de trajineras à l'embarcadère. Trajineras ? Mais c'est quoi ? Eh bien, ce sont sont des barques assez larges à fond plat mais comme nous sommes au Mexique, elles ne sont pas grisâtres voir verdâtres comme les plates du marais poitevin, ici elles pètent de couleur vives ! Et ici, pas non plus de transports de vaches d'un pré à l'autre, les trajineras sont équipées de tables et de chaises posées juste comme ça sur le fond de la barque et ce sont bel et bien de joyeux convives qui s'y installent avec leurs packs de bière ou leur glacière ! Rassurez-vous, si vous arrivez les mains vides, vous pourrez commander quelques morceaux de mangues avec du miguelito (un mélange de chile bien piquant et de sucre) ou encore une michelada (bière, citron avec chile bien piquant dans la boisson et sur le bord du verre, le tout agrémenté de tamarindo c'est-à-dire de pulpe de tamarin). J'ai tout goûté, même les chips au piment ce qui , vous vous en doutez, m'a mis instantanément le feu au gosier et aux joues!

Ici, pour les déplacements, pas de moteur mais un "gondolier" qui déhale l'embarcation avec un très grand bâton qu'il plante dans le fond... et disons-le, c'est un joyeux bazar qui bien loin de générer du stress, nourrit l'esprit festif et joyeux qui règne ici.
Mais revenons à l'embarcadère ! Notre trajinera arrive et des personnes viennent spontanément donner un coup de main pour m'aider à embarquer. Voilà notre fine équipe à bord, à savoir la famille mexicano-française mais aussi le fauteuil roulant qui facilite mes déplacements, des jus de fruits frais, les snacks piquants sans oublier les bières et les fameuses miguelito et micheladas !
Nous avons à peine quitté le quai que nous voilà empêtré au milieu d'un énorme bouchon : toutes les embarcations sont bloquées car le canal n'est pas très large. Entre les trajineras qui s'arrêtent pour une pause pipi ou un achat de plantes dans une pépinière et les petites barques qui se faufilent pour vendre souvenirs, boissons, tacos ou quesadillas cuisinés sur place (je veux dire dans la barque !!!!), il devient difficile d'avancer... Mais pas de problème, pas de voix énervées ou d'invectives, tout se passe dans la joie, la bonne humeur et la musique. Les mariachis assurent l'ambiance même s'ils sont concurrencés en termes de décibels par les gros haut-parleurs des trajineras où l'on fête un anniversaire ou un enterrement de vie de jeune fille... Nous comprenons vite qu'ici, c'est un lieu où l'on vient prendre du bon temps alors peu importe si on met une heure à faire 100 mètres... surtout quand on peut boire un verre et se remplir le ventre car ici on mange à toute heure et souvent !
On a fini nos 4 heures de balade dans la nuit (sans éclairage bien sûr sur la barque) mais en fait, on a pas vu le temps passer... on a même chanté en français et en mexicain et on a passé une sacrée bonne journée en famille !
Ah j'allais oublier de vous parler des ajolotes que nous avons découverts lors d'une "escale" de notre trajinera. Les ajolotes sont des petits animaux aquatiques endémiques que les mexicains adorent et arborent un peu partout (tee-shirt, sacs, peluches ... et même sur le billet de 50 pesos)... il faut dire que c'est une sacrée petite bestiole qui a le pouvoir de régénérer sa queue et même une partie de son cerveau et de ses organes internes...

Les luchadores : une institution mexicaine
Vous connaissez tous le catch, ce show de lutte avec les gentils et les méchants ? Et bien au Mexique, les spectacles de Lucha Libre, s'ils s'apparentent au catch, se révèlent être une véritable institution et comme toujours dans ce magnifique pays, ils se déroulent dans une ambiance joyeuse, sonore et colorée ! Nous voilà partis avec Dafne, Cielo et Dante à l'Arena Mexico et nous sommes prévenus, ça va être chaud, chaud !
Les luchadores entrent en scène toujours masqués alors nos trois mexicains veulent acheter celui de leur idole ! Il faut savoir que les luchadores, hommes comme femmes, sont de véritables stars aux noms éveillant notre imaginaire comme Mistico (un des plus célèbres ou encore Bandido ou El Hijo del Vikingo (Le fils du viking)... Chaque mexicain a son chouchou et nombreux sont ceux qui arborent le masque de leur favori en rejoignant sa place dans les gradins !
Les lutteurs sont des sportifs accomplis mais ils s'avèrent être aussi de véritables acteurs qui, à n'en pas douter, jouent leur rôle en suivant un scenario bien rôdé :
entrée en scène des artistes sportifs dans des costumes spectaculaires et chatoyants dont les tons laissent immédiatement deviner qui est gentil, qui est méchant, une entrée sous les cris survoltés du public encouragé par l'animateur du spectacle
premier round où les gentils sont en difficulté et les méchants pavoisent sous les huées du public,
deuxième acte pendant lequel le combat est serré et l'issue semble incertaine,
dénouement final où les gentils prennent indubitablement le dessus sous les acclamations des spectateurs... les méchants quittent alors le ring la mine déconfite mais avec, on le sent bien, des envies de revanche !
Oui, le ring, car ce spectacle où s'affrontent le bien et le mal se déroule dans une sorte d'arène entourée de gradins avec force faisceaux lumineux, stroboscopes et écrans géants pour que le public puisse bien apprécier les mimiques des protagonistes.
Le speaker joue aussi un rôle essentiel en électrisant le public pour faire monter l'ambiance... Une fois qu'il lance la tonitruante phrase rituelle : « Lucharán a dos de tres caídas sin límite de tiempo » (« Ils vont lutter pour remporter deux manches sur trois, sans limite de temps »), il est impossible de rester impassible et nous avions tous la voix éraillée en sortant tellement nous avions crié ! Même s'il s'agit d'un combat avec coups, sauts et placages, la lucha libre est avant tout une sorte de pantomime baroque à laquelle le public prend largement sa part (j'y ai même appris quelques insultes populaires !)

Franchement, si vous vous rendez à Mexico, allez assister à un spectacle de Lucha Libre, c'est vraiment une sacrée expérience !
En avant la musique
La musique est présente partout à Mexico... quelques exemples, entre groupes de rue, concours guiness de mariachis, concert de musique de chambre au Bella Artes !













































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