🇬🇹 Guatemala #4 : Antigua entre huipil et crinoline !
Dernière mise à jour : 19 sept.
Antigua, ses façades colorées, ses huipils, ses crinolines, ses volcans... mais aussi un défilé improbable, des manifestants au milieu de la fête, un concert géant et une rocambolesque histoire de bâtons perdus. Une ville qui nous a encore montré que le Guatemala ne rentre décidément pas dans les cases !
Arco de Santa Catalina dans le centre historique d'Antigua Guatemala Boutique d'artisanat traditionnel coloré à Antigua Rue pavée bordée de maisons colorées à Antigua Rue d'Antigua avec un volcan en arrière-plan Marché de fruits et légumes dans une rue d'Antigua Façade sculptée d'une église d'Antigua Danseurs en costume lors du défilé à Antigua Cathédrale sur le Parque Central d'Antigua Maison coloniale aux murs orange à Antigua Intérieur d'une église d'Antigua Façade d'une église d'Antigua illuminée la nuit Cloître d'un ancien couvent à Antigua Bâtiment colonial à arcades dans le centre d'Antigua Femmes en tenues traditionnelles mayas à Antigua Homme faisant cirer ses chaussures dans une rue d'Antigua
Perchée à 1500 mètres d'altitude et encerclée par des volcans, Antigua est probablement la ville la plus touristique du Guatemala. On y entend parler anglais, allemand, français... autour des étals de souvenirs plus colorés les uns que les autres.
Ici plus que n’importe où au Guatemala, on ne peut oublier que ce pays fut colonisé par les Espagnols.
À chaque détour d'une de ses rues pavées, on découvre une église ou un couvent catholique, on s'émerveille devant des façades colorées de jaune, de turquoise, de rose... et sur la place centrale, on déambule sous les arcades des bâtiments de l'ancienne administration coloniale.
Je ne vais pas ici vous raconter l'histoire de la ville ni vous faire visiter le musée du jade ou une finca de café... vous trouverez toutes ces infos sur le net ! Je préfère vous raconter ce qui m'a interpellée !
La fête à Antigua : entre défilés et manifs !
Petit-déjeuner à la Casa Santorini avec notre amie Cathy et nous entamons la conversation avec la jeune femme qui officie sur le toit-terrasse pour nous préparer une belle assiette avec œufs, haricots noirs et fruits. Elle nous parle de sa ville et surtout de la grande fête d'Antigua prévue cette semaine qui promet d'être mémorable après une interruption de plusieurs années pour cause de Covid. Demandez le programme : défilé avec les écoles, les associations, la municipalité et bien sûr le roi et la reine d'Antigua, procession religieuse catholique et le soir méga-concert sur la place centrale avec 5 des groupes les plus connus d'Amérique centrale. On est bien d'accord... on ne va pas louper ça !
Avons-nous été télétransportés en Europe ?
Nous voilà installés sur les marches de l'église attendant avec impatience l'explosion de couleurs des tenues traditionnelles mayas qui ne va pas manquer d'enchanter le défilé... Le défilé arrive devant nous... mais où sommes-nous ? Au Guatemala, vraiment ? Ou à la cour du roi d'Espagne ? Car nous ne voyons poindre aucun huipil mais bien des robes longues à froufrou qui nous rappellent plus les fastes de la cour d'un monarque européen que le monde maya !
Et pour le son, c'est tout aussi surprenant car entre les fifres et les valses, on se croirait bientôt plus à la cavalcade de Gémenos qu'à Antigua Guatemala ! Heureusement qu'il y a quelques batucadas et joueurs de marimba au milieu des majorettes pour nous rappeler où nous sommes !
Finalement non ! Car chez nous, les manifestants auraient été exfiltrés !

À un moment, nous apercevons au bout de la rue de grandes banderoles dont nous comprenons rapidement qu'elles ne sont manifestement (et là c'est juste le bon mot) pas prévues au programme. Des tracts sont distribués aux spectateurs pour expliquer que la population ne va pas laisser faire la municipalité qui voudrait détruire le marché couvert au profit d'immeubles pour les touristes.

Il faut savoir que ce marché, fréquenté autant par les Guatémaltèques que par les touristes, permet à une bonne partie de la population de vivre car il héberge de nombreux petits commerces : artisanat, vente de fruits et légumes, quincaillerie, textiles.... Les habitants ne veulent pas perdre leur gagne-pain ni, comme c'est souvent le cas dans les villes touristiques, être relégués dans une lointaine périphérie ! Le maire est mis sous bonne escorte pour rejoindre la tribune officielle !!!
La réalité est comme toujours loin des clichés !
Donc je résume, des guatémaltèques en costume "Louis ou Ferdinand et quelques" dansent la valse (presque de Vienne), des majorettes lancent leurs bâtons au milieu des fifres et des tambours et le maire de la ville avance entouré d'un cordon de policiers et de manifestants brandissant des banderoles et distribuant des tracts ! En France (de tout temps et encore plus actuellement !!!), vous pouvez être certains que les manifestants auraient été exfiltrés manu militari, eh bien ici, non, on les laisse même parler au porte-voix ! J'ignore s'ils ne sont que tolérés pour donner une image positive du pays aux touristes et j'ignore aussi s'ils seront embêtés ensuite par les autorités. C'est possible mais quoi qu'il en soit, nous avons bien entendu les revendications des opposants au projet et j'ai eu la nette impression que le maire ne "faisait pas le malin" !
Un méga-concert avec 5 groupes d'Amérique centrale
À l'angle du Parque Central, deux grandes estrades sont dressées pour accueillir 5 groupes d'Amérique centrale parmi les plus connus : K'Trina, Kretinos, Grupo Rana, Malacates et Alux Nahual.
Super ambiance
L'après-midi avance et les différents groupes investissent la scène à tour de rôle pour les balances... La place se remplit petit à petit jusqu'à être complètement bondée avec une ambiance très festive et tout le monde, qu'il soit en short ou en huipil, danse en rythme sur la musique pop-rock ! Nous étions paraît-il 80 000.
Un moment de ferveur avec Alux Nahual
Le moment pour nous, le plus marquant est quand le groupe Alux Nahual a entonné sa chanson "Aquà está tu tierra (Ici, c'est ta terre) : des milliers de personnes se sont mises à chanter avec une grande ferveur et les lumières des téléphones ont formé une vague scintillante au-dessus de la foule ! Chair de poule garantie !
Proposition de traduction (sans garantie) des paroles de la chanson
AquĂ está tu tierra (Alux Nahual) Vives en una gran ciudad (gran ciudad) Y tienes el cambio a tu favor Y ya casi no recuerdas tu pueblo aquel pequeño y soñador y los caminos que bajan al valle no te llaman la atenciĂłn más pues donde viven son más anchas las calles y es más grande la ciudad Vives en una gran ciudad (gran ciudad) Y tienes el cambio a tu favor y ya casi no recuerdas la niña aquella que muriĂł de amor Pues donde vives las mujeres son bellas Todas parecen modelos Pero cuando buscas su alma Te das cuenta que la perdieron frente a los espejos Pero aquĂ tenemos grande el corazĂłn Y nos brillan más los ojos que una estrella y aunque no llegĂłla industrializaciĂłn (a tiempo) tenemos llenas de flores las praderas Vives en una gran ciudad (gran ciudad) Junto al reloj con la campana Que te recuerda que el tiempo vuela Que el tiempo vuela y que te alcanza Y corres detrás de la vida Pues la vida se te escapa Pues por correrla se te olvida la vida como se te olvidĂł un dĂa tu casa Pero aquĂ tenemos grande el corazĂłn Y nos brillan mas los ojos que una estrella Y aunque no llego la industrializacion (a tiempo) Tenemos llenas de flores las praderas Vuelve cuando quieras AquĂ está tu tierra Vuelve cuando quieras AquĂ está tu tierra AquĂ está tu tierra | Ici c'est ta terre (Alux Nahual) Tu vis dans une grande ville (grande ville) Et tu as le changement de ton cĂ´tĂ© Et tu te souviens Ă peine de ton village Ce petit village de rĂŞve Et les chemins descendant vers la vallĂ©e N'attirent plus ton attention Car lĂ oĂą tu vis, les rues sont plus larges et la ville est plus grande Tu vis dans une grande ville (grande ville) Et le changement est de ton cĂ´tĂ© Et tu te souviens Ă peine de la petite fille Celle qui est morte d'amour Car lĂ oĂą tu vis, les femmes sont belles Elles ressemblent toutes Ă des mannequins Mais quand tu cherches leur âme Tu rĂ©alises qu'elles l'ont perdue devant les miroirs Mais ici, nous avons le cĹ“ur grand Et nos yeux brillent plus fort qu'une Ă©toile Et mĂŞme si l'industrialisation n'est pas arrivĂ©e (Ă temps) Nous avons des prairies couvertes de fleurs Tu vis dans une grande ville (grande ville) Près de l'horloge avec sa cloche Qui te rappelle que le temps s'envole Que le temps s'envole et te rattrape Et tu cours après la vie Parce que la vie t'Ă©chappe Ă€ force de courir après elle, tu oublies la vie Comme tu as oubliĂ© un jour ta maison Mais ici nous avons le cĹ“ur grand Et nos yeux brillent plus qu'une Ă©toile Et mĂŞme si l'industrialisation n'est pas arrivĂ©e (Ă temps) Nous avons des prairies couvertes de fleurs Reviens quand tu veux Ici c'est ta terre Reviens quand tu veux Ici c'est ta terre Ici c'est ta terre |
A la recherche des bâtons perdus... ou une belle histoire d'entraide
Et zut pour ne pas dire m**de, j'ai oublié mes bâtons de marche dans le tuk-tuk... et ça, ce n'est pas une bonne nouvelle car sans bâtons, mon périmètre de marche diminue considérablement !
José mobilise son réseau
Nous sommes encore à Atitlan chez José et Dominga et José envoie aussitôt un message WhatsApp au groupe de chauffeurs de tuk-tuk de San Juan. Il nous propose ensuite de partir sillonner les rues du village pour essayer de retrouver notre tuk-tuk parmi les quelques 2 000 du village... Sur le lieu où nous a déposés notre dernier chauffeur, il demande aux commerces équipés de caméras de visionner les enregistrements pour tenter d'identifier notre tuk-tuk. Mais en vain, pas l'ombre d'un indice pour retrouver les fameux bâtons ; ceci dit, nous avons pris plusieurs tuk-tuk pour rentrer de notre journée de balade et je ne sais absolument pas dans lequel je les ai oubliés.
Gwendal cherche sur le net
Il va donc falloir en acheter de nouveaux et nous contactons Gwendal, le gérant de la marina où nous attend Shazzan : il connaît bien le pays et avec sa grande efficacité, il en trouve sur internet avec possibilité de livraison à la marina... mais seront-ils arrivés à temps pour partir le 8 visiter les sites archéologiques de Tikal et Yaxha ?
Un guide de rando inconnu se met en quatre pour moi

Nous faisons part à José de nos doutes sur la date de réception des bâtons trouvés par Gwendal et il contacte aussitôt un de ses copains d'Antigua, guide de randonnée sur les volcans ; ce dernier se rendra à la première heure le lendemain dans les boutiques susceptibles d'en vendre.

Mais le sort s'acharne, ils n'en ont plus ! Et lui qui ne nous connaît pas, actionne son propre réseau... Il en trouve une paire d'occasion mais ils sont trop grands pour moi ! Il finit par en dénicher assez loin, près de la frontière avec le Salvador... Il va prendre sa voiture pour aller les chercher et nous les amener à l'hôtel.
Nous repartons sur Antigua où il nous rejoint vers 21h30 avec de super bâtons bleu clair tout légers et surtout à la bonne taille. Bien sûr, nous l'avons dédommagé mais quand même, il a passé une partie de la journée pour dénicher la perle rare, parcouru je ne sais combien de kilomètres pour les récupérer et avancé l'argent sans nous connaître !
Ce que je constate depuis le départ, c'est que l'entraide est souvent inversement proportionnelle au niveau de vie moyen des pays... À méditer,
je crois !



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