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🇬🇵 🌊 🇻🇬 Galante, Saintes et Vierges… au choix

voiliershazzan
17 avr. 2022
11 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

De Marie-Galante aux îles Vierges britanniques, en passant par Les Saintes : du vent, des retrouvailles, des rencontres improbables, des plongées et quelques surprises… Galante, Saintes ou Vierges, finalement pourquoi choisir ?


Après une longue escale en Martinique, mêlant visites, avitaillements et travaux, nous avons repris la mer pour remonter l’arc antillais. Notre objectif était de nous rendre au François en Guadeloupe afin d’y retrouver Stéphane et Mélanie du bateau-copain Karukera, que nous avions rencontré à La Gomera alors qu’ils y déchargeaient, eux aussi, des prothèses acheminées depuis Rochefort pour Nav’Solidaire. Mélanie a traversé enceinte de six mois (bravo miss !) et nous espérions que leur bébé naîtrait pendant notre séjour, mais le petit Lilio a pris tout son temps puisqu’il est né deux semaines après notre départ du François, soit le 16 avril 2022.



Nous en avons profité pour escaler sur les îles « satellites » de La Guadeloupe : Marie-Galante et Les Saintes.



Nous avons ensuite mis le cap sur les îles Vierges britanniques, une destination que nous avons vraiment beaucoup appréciée, un paradis pour naviguer et plonger.




Nous y serions bien restés plus longtemps mais nous étions en même temps hyper, hyper motivés pour voguer vers notre prochaine destination, les Bahamas où notre fils Fabien et sa compagne venaient nous rejoindre début mai. Croyez-moi, nous étions impatients de les recevoir, vous ne pouvez même pas vous imaginer !


Destination Guadeloupe entre rencontres et retrouvailles !

Des canaux qui ne sont pas de tout repos

Toutes les pubs à visée touristique vous le diront : Antilles = chaleur, farniente, soleil... mais elles ont oublié d’ajouter : vent, beaucoup de vent.


Et pour tout vous dire, depuis notre traversée de l’Atlantique, du vent nous n’en avons pas manqué et même parfois, nous aurions bien aimé qu’il se calme un peu ! Ce sont 30 à 35 nœuds en permanence qui nous ont accompagnés et, même dans les canaux, 40 nœuds établis... avec, bien sûr, la mer qui va avec !



Ah oui, les canaux !

Ici pas de péniches sur les canaux, il s’agit des passages entre les différentes îles comme le canal de la Dominique entre La Martinique et la Dominique !



Le vent s’engouffre dans ces passages et prend de la vitesse car il faut bien qu’il passe quelque part, et ce n’est pas monsieur Venturi qui va me contredire.


On a, semble-t-il, eu de la chance

Comme il y avait donc beaucoup de mer lors de la traversée vers la Dominique, et qu’en plus nous avions une petite fuite au niveau de l’inverseur du moteur, décision fut prise de mouiller le long de la Dominique.


Mais problème, nous n’avons pas de test PCR ou antigénique... Eh bien tant pis, nous serons clandestins !  D’après une connaissance qui a travaillé comme gendarme maritime, il semble qu’il soit généralement autorisé de s’arrêter dans un pays sans faire de clearance pendant 48h pour autant que l’on ne mette pas le pied à terre... Mais, a-t-il précisé, cela reste tout de même à vérifier pour chaque pays.


D’après plusieurs marins rencontrés, nous avons eu beaucoup de chance, car la Dominique n’est pas réputée comme très tolérante pour les bateaux clandestins de notre espèce !


Des amis autour de l’apéro

Nous avons poursuivi notre route vers Marie-Galante où nous avons escalé 24h puis continué vers Le François pour retrouver Stéphane et Mélanie. Nous étions tous les quatre tellement contents de nous revoir que nous avons multiplié les séances apéro/repas et avouons-le, certains matins, un mal de tête lancinant nous a rappelé que les soirées trop arrosées n’étaient plus de nos âges... Quoique ! Deuxième confession : nous avons plus profité du temps avec nos amis que visité l’île...


Et comme à chaque escale après plusieurs jours de navigation : lessive, avitaillement, ménage ! Comme dirait Anne, ma belle-sœur, il y a une justice quand même ! Eh oui, il faut bien se coltiner les corvées ménagères en bateau comme à terre.

C'est aussi le moment de faire la vidange et les pleins d'eau et de carburant.



Les Saintes, un petit bijou et une rencontre improbable

Stéphane, qui connaît bien le coin pour y avoir vécu pendant quelques années, nous avait recommandé de nous rendre aux Saintes, un archipel situé au sud-ouest de La Guadeloupe !



Nous avons suivi ses conseils et nous ne pouvons que le remercier car nous avons bien profité de l’anse du Pain de Sucre, un petit bijou où nous avons traînassé plus que prévu pour profiter du paysage à la surface et sous l’eau. Et à trois coups de palmes de notre bouée d’amarrage se trouvait un petit récif corallien bien habité où nous avons eu le bonheur de nous retrouver nez à nez, ou plutôt masque à bec, avec une tortue !



Avec le grand Monsieur Van Den Heede
Avec le grand Monsieur Van Den Heede

Pour couronner ces quelques jours, nous avons rencontré VDH, Monsieur Van Den Heede en personne, avec qui nous avons papoté navigation en Patagonie.


Dominique était en admiration devant son idole et, lui qui est souvent plutôt réservé, n’a pas hésité à lui demander un selfie avec nous, ce que VDH a accepté avec une grande gentillesse.



Un petit bain chaud siou-plait

Après ce petit moment hors du temps, nous avons levé l’ancre pour remonter la côte sous le vent de La Guadeloupe. Toujours en suivant les conseils de Stéphane, nous avons fait une halte à Bouillante, une ville qui porte bien son nom puisque l’eau y sort de terre à une température qui permet de produire de l’électricité avant d’être rejetée dans la mer !


Résultat : un bon bain chaud d’eau salée... avec une légère odeur de soufre tout de même !




Nous avons fait notre sortie administrative à Deshaies et nous avons mis le cap sur les îles Vierges britanniques appelées aussi BVI pour British Virgin Islands.


200 milles plus loin, un paradis mais pas seulement fiscal


British or not British ?

Les îles Vierges sont partagées entre trois ensembles :

  • Les îles Vierges britanniques, un territoire britannique d’outre-mer : ce statut faisait alors d’Élisabeth II la souveraine des BVI, où elle était représentée par un gouverneur. Le territoire était toutefois doté de son propre gouvernement, dirigé par un Premier ministre.

  • Les îles Vierges américaines, un territoire organisé non incorporé des États-Unis : elles disposent de leur propre gouvernement et d’une assemblée législative. Elles élisent également un délégué à la Chambre des représentants des États-Unis, mais n’ont pas de sénateur.

  • Les îles Vierges espagnoles à l’ouest, principalement Vieques et Culebra, qui font partie de Porto Rico.


Nous avons fait bien attention à nous cantonner aux BVI et à éviter les eaux américaines, notre contrat tour du monde excluant toutes les eaux relevant des États-Unis. Pourquoi cette exclusion ? La judiciarisation extrême aux États-Unis et le coût que peuvent atteindre les procédures, dommages et intérêts, nous a-t-on expliqué.


Lors de nos navigations et escales aux BVI, nous avons malheureusement constaté les séquelles du terrible cyclone Irma qui a sévi en septembre 2017, un ouragan avec des vents de plus de 270 km/h (voir les images filmées par la BBC https://www.youtube.com/watch?v=AaEBeGpkR2I) .


En 2022, les stigmates en étaient encore visibles avec des maisons abandonnées plus ou moins détruites, des toitures arrachées ou encore des épaves gisant dans le port de George Town... On nous a aussi rapporté que les fonds marins avaient eux aussi souffert et qu’il faudrait encore un peu de temps pour qu’ils retrouvent toute leur magnificence.


British mais très américanisées

Les BVI sont donc British mais, dans les faits, elles sont très américanisées et c’est avec un accent très US que les Amazing, Wonderful, Marvellous fusent à tout va.


C’est peut-être très cliché, mais certains comportements ont semblé excessifs aux Européens que nous sommes... Le nombre de superlatifs à la phrase est démentiel car tout est merveilleux, incroyable, extraordinaire.


Des exemples ? Dominique tend la main à une petite mamie aveugle accompagnée de sa fille pour descendre des escaliers. Arrivée sur le trottoir, elle a pris la main de Dominique entre les siennes, l’a chaudement remercié en lui disant qu’il était extraordinaire. Elle l’a béni d’une prière qui a bien duré une minute et qui aurait pu s’éterniser davantage si Dominique n’avait pas montré quelques signes d’impatience...


Et si vous dites que vous êtes venus de France à la voile, alors là, c'est une avalanche de superlatifs qui vous mettrait presque mal à l’aise.


Julie, tu aurais été fière de ta marinette

Nous sommes arrivés à la nuit tombante dans la baie de Road Town et la prise de coffre a été un peu sportive compte tenu de la force du vent. Julie des MARINETTES aurait été fière de moi : je suis restée d’une sérénité à toute épreuve quand la première bouée attrapée a échappé des mains de Dominique et qu’il a fallu recommencer alors que le vent forcissait et la nuit tombait !


Logo Les Marinettes

Ce stage avec Julie nous a vraiment beaucoup apporté en termes de compétences et de confiance.


Merci à toi, Julie.



5 $ la bière, ça calme direct

Et le lendemain, que fîmes-nous ?


La paperasse d’entrée comme d’habitude. On descend l’annexe et nous voilà partis dans un bon petit clapot... Problème, le quai est prévu pour les ferries et donc d’une hauteur que même Dominique trouve limite, alors imaginez, pour moi c’est juste NO WAY. Heureusement, le personnel nous envoie vers une marina où le quai à dinghy est idéal, mais en contrepartie, il va falloir marcher !


Après nous être délestés d’un petit paquet de dollars et avoir expérimenté les écouvillons locaux dans nos narines (encore une fois !), nos estomacs criant famine, nous décidons de nous faire un petit restau ! Là, nous comprenons que ce sera le seul de notre escale car à 5 $ la bière, je vous laisse imaginer le prix du repas ! Bon heureusement, il y avait du wifi... Ah, le wifi, le wifi et les cartes SIM, notre saint Graal à chaque escale ! Nous avions bien prévu un budget "communication" dans nos plans, mais nous l’explosons à chaque escale, sans vraiment de remords, car nous ne pourrions pas nous passer des visios avec nos familles et amis proches !



Pour en revenir au coût de la vie, nous nous sommes limités tant pour le petit matériel pour le bateau que pour l’avitaillement au strict nécessaire car tout est très cher, en particulier les fruits et légumes : pommes et oranges sont vendues à l’unité, 1$ pièce, beaucoup de légumes sont emballés dans des petits conditionnements avec des prix à la livre. Dans les petits magasins, nous avons été impressionnés voire choqués par la grande proportion de linéaires remplis de "cochonneries" : barres sucrées, bonbons, biscuits, sodas...


Une brochure qui en dit long...

Lors de notre enregistrement, le personnel nous a remis un petit livret « BVI Marine Guide » qui est une véritable mine d’informations pour les navigateurs.



Quelques rubriques nous ont toutefois interpellés, en particulier celles expliquant comment et pourquoi enregistrer son bateau aux BVI ainsi que le chapitre consacré aux services financiers.



Ce chapitre commence par "The British Virgin Islands (BVI) are not just one of the best places in the world for sailing. The islands are also a leading centre for financial services” (Les BVI ne sont pas seulement l’un des meilleurs endroits au monde pour faire de la voile mais elles tiennent aussi une place majeure en termes de services financiers).



De fait, les services financiers représentaient à eux seuls près d’un tiers du PIB et environ 60 % des recettes du gouvernement. Autant dire qu’avec le tourisme, ils constituaient l’un des deux grands piliers de l’économie des BVI. Vous comme moi l’ignorions, mais dans le jargon de la finance et des « gros sous », ouvrir une entreprise offshore s’appelle « Faire une BVI » même si votre entreprise est domiciliée aux îles Caïmans ou à Malte !


Au programme : naviguer, plonger... profiter

Comme le mentionne le BVI Marine Guide, les BVI sont une destination de choix pour la voile : deux chapelets d’îles parallèles s’étendant sur une distance équivalente à Marseille/Toulon. Du coup, naviguer entre les deux guirlandes d’îles est génial : les alizés sont bien là, mais la mer reste relativement plate !


C’est aussi un paradis pour la plongée avec de magnifiques récifs coralliens et quelques épaves parmi lesquelles le RMS Rhone, le tout dans une eau très claire à 27° et à petite profondeur : de quoi plonger longtemps et souvent, et comme nous avons tout le matériel et un compresseur à bord, nous nous en sommes donné à cœur joie.



Au fil de nos plongées ou de séances de snorkeling (palmes/masque/tuba), nous avons été étonnés de constater que de nombreuses personnes nageaient avec des frites ou des gilets en mousse... Nous nous sommes demandé si l’apprentissage de la natation était aussi développé aux États-Unis qu’en France car même les adultes avaient recours à ces aides à la flottabilité ! À moins que ce ne soit encore un effet du "tout sécurité" exacerbé aux États-Unis ! Mystère !



Une organisation du parc national qui pourrait servir d’exemple au parc des Calanques


Plonger d’un voilier n’est pas toujours évident : comme on peut rarement ancrer Shazzan à proximité des sites de plongée, nous y allons le plus souvent en annexe.


Mais là encore se pose le problème de l’ancrage : il faut qu’il y ait peu de fond et cela limite donc le nombre de sites qui nous sont accessibles.




Bonne nouvelle, aux BVI, tout est organisé pour faciliter la vie des marins et plongeurs. Les sites protégés sont équipés de nombreuses bouées de plusieurs couleurs placées à proximité immédiate des sites de snorkeling et de plongée : les rouges pour les voiliers ou petits yachts, les bleues pour les dinghies et les jaunes pour les clubs de plongée commerciaux.


Nous avions donc accès aux rouges et aux bleues et comme, à partir de 16h environ, les clubs de plongée avaient fini leur journée, nous avons aussi squatté des bouées jaunes. L’amarrage à ces bouées est autorisé uniquement en journée et normalement soumis à la possession d’un permis (50 $ la semaine) mais, de fait, je crois bien que nous sommes les seuls à nous être acquittés de cette formalité !


La plupart des zones de mouillage sont aussi équipées de bouées pour amarrer les bateaux et la plupart des catamarans de location (et ils sont nombreux !) les utilisent. Certains contrats de location imposent d'ailleurs à leurs locataires d'utiliser les bouées ou les marinas et leur interdisent de mouiller, sauf en cas d'urgence. Nous en avons pris une la première nuit mais cela nous ayant coûté 30 $... Vu le tarif, nous avons interrogé la personne qui a encaissé notre location et elle nous a confirmé que nous pouvions, nous, ancrer gratuitement à condition d'être à une distance raisonnable des bouées payantes et de poser l'ancre dans le sable. C'est ce que nous avons fait pendant toute la suite de notre séjour.



Et en plus, cela nous a permis quand c’était possible de nous éloigner des endroits les plus "surpeuplés". Nous nous sommes même retrouvés avec Camille et Edouard, à deux bateaux seulement au mouillage à Ginger Island !



Beaucoup de marins français rencontrés sont jeunes


Camille et Édouard, nous les avons rencontrés à Salt Island.



Comme leur catamaran arborait un pavillon français, nous les avons invités à l’apéro... apéro qui a duré un certain temps et que nous avons renouvelé à plusieurs reprises.



Nous avons aussi échangé de menus services : photos et films de Shazzan avec leur drone, partage de bons plans, gonflage de leurs bouteilles de plongée, fabrication du pain...





Nous pensions, en quittant Marseille, rencontrer beaucoup de couples de retraités comme nous. Jusqu’ici, cela n’a pourtant pas vraiment été le cas : nous avons surtout croisé de jeunes gens, des couples comme Camille et Édouard qui vivent en bateau pendant une année sabbatique, mais aussi des familles que l’épisode de La Covid a décidées à larguer les amarres, comme Kevin, Marie, Zélie et Calypso sur Zig-Zag ou encore Mélanie et Stéphane sur Karukera.


Ils veulent offrir un autre horizon à leurs enfants. Je salue cette volonté et le courage qui va avec, car eux ne perçoivent pas une retraite mensuelle comme nous, ils doivent compter et travailler de-ci de-là pour remplir la caisse de bord, se transformer en maîtres d’école, occuper les enfants pendant les longues traversées et les périodes de mauvais temps. Vraiment, ils forcent mon admiration.




1 commentaire


Membre inconnu
16 mai 2022

Toujours aussi passionnant que ce récit écrit par des passionnés !... Cela me rappelle tant l'ambiance des navigations dans ces lieux paradisiaques.... Vivement le prochain épisode... Je suis fan et accro... 👏👍😘 Patrick.

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© 2021 Voilier Shazzan

Crédit photo : Equipage Shazzan, Machin Truc, Violaine Parcot,

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