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🇨🇴 Colombie #6 : Entre Tatacoa et Eje Cafetero

voiliershazzan
13 nov. 2023
8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Du désert de Tatacoa aux plantations de café, entre Jeep Willys, palmiers à cire et balade à cheval, nous poursuivons notre découverte de la Colombie.


Comme je vous l'ai dit, lors du départ d'Alain et Brigitte, nous devions encore rester quelque temps en Colombie dans l'attente de la fin de la saison cyclonique... Une fois sur notre lancée, nous ne nous sommes pas limités à l'Amazonie et Bogotá et nous avons poursuivi notre périple, en bus cette fois, pour aller découvrir le désert de Tatacoa et l'Eje Cafetero (l'axe du café).


Notre guide Richar : muchas gracias amigo

Nous avions repéré un nom de guide dans nos recherches sur cette région, un nom qui revenait toujours accompagné de commentaires dithyrambiques : Richar Humberto Balza. Nous l'avons donc contacté et nous ne l'avons pas regretté, bien au contraire...

Richar et son frère Daniel avec nous lors de notre voyage en Colombie
Au premier plan, le fameux Richar et au fond son frangin, Daniel

Non seulement Richar (au premier plan) parle un excellent français et sait raconter comme nul autre les petites et la grande histoire pendant les visites, mais en plus il est adorable et il a l'art de concocter un programme totalement adapté à ses clients, le tout en tenant compte des capacités physiques, du type d'hébergement souhaité, du budget, des centres d’intérêt mais aussi du « pico y placa », une restriction de circulation qui, selon le dernier chiffre de la plaque d'immatriculation, interdit certains jours et à certaines heures de circuler dans certaines zones !


Tatacoa... désert ou non, c'est beau !

Désert or not désert ?

Un désert ? On peut employer le mot "désert" car c'est un endroit très sec et aride, mais techniquement parlant, Tatacoa est une forêt tropicale sèche et pas un désert. Je sens que je vous ai perdus là ! En fait, il y a environ 13 millions d’années, la région de la Tatacoa était bien plus humide, habitée par de nombreuses espèces végétales et animales. Au fil des millions d'années, les changements climatiques et la formation des Andes ont profondément modifié les régimes de pluie et transformé le paysage.


Ce processus a sculpté le paysage tantôt à dominante rouge, tantôt grise présentant une végétation typique de cactus et autres arbustes rabougris...



Le royaume des fous de l'étoile et des cinglés du fossile

Mais le désert de Tatacoa attire aussi de nombreux scientifiques géologues, paléontologues et astronomes.

En effet, d'une part son sol abrite une quantité importante de fossiles qui permettent aux spécialistes d'en savoir plus sur l'histoire de la biodiversité colombienne mais, d'autre part, sa situation proche de l'équateur, son climat sec et sa faible pollution lumineuse en font un site privilégié pour observer le ciel.




Bon, nous ne sommes pas des scientifiques, loin s'en faut, mais nous sommes tout de même allés observer les étoiles allongés par terre puis avec des télescopes et autres lunettes astronomiques et nous avons aussi visité le modeste musée de paléontologie de Villa Vieja.


Les bonus "Spécial Richar"


  • Dégustation de fleurs de cactus...




  • Baignade (pour les plus téméraires) dans le Río Magdalena après une courte balade qui nous a mis nez à nez avec des iguanes.... et un orpailleur !



  • Gastronomie locale : après tout ça, nous nous sommes offert un moment de réconfort avec une bière artisanale locale et une petite douceur très sucrée mais délicieuse !


    Dégustation d'une bière artisanale et d'une arepa en Colombie


La vallée de la Carbonera


En route pour Salento, notre point pivot pour la suite du voyage

Le 10 novembre 2023 au matin, nous sommes partis vers Salento, un voyage empruntant un bac pour traverser le Río Magdalena et des chemins parfois abrités par la voûte vert sombre des arbres, parfois bordés du vert printemps des rizières, mais avec toujours la cordillère des Andes en arrière-plan.



On part en Jeep, mais attention pas n'importe quelle jeep !!!


Publicité ancienne pour la Jeep Willys en Colombie

Le 11 au matin, nous prenons une Jeep, mais pas n'importe quelle Jeep, nous sommes dans un véhicule emblématique de Colombie, la Willys, une jeep de l'armée américaine.


Après la Seconde Guerre mondiale, les USA souhaitant écouler un stock de ces véhicules devenus inutiles, ont décidé de les brader dans des pays en voie de développement.


Il se dit que ce sont les démonstrations par des as du volant avec des Willys chargées à bloc qui ont convaincu les Colombiens que c’était LE véhicule qu'il leur fallait : maniable, léger et vraiment tout terrain !




Christine dans une jeep Willys sur les pistes de l'Eje Cafetero

Ce fut alors l'engouement et le véhicule servait à tout : transport de marchandises, de passagers, d'animaux, ...


Très vite, les Willys ont été rebaptisées "mulas mecánicas" autrement dit mules mécaniques !




Le « Yipao » (une Jeep chargée d’une cargaison) s’est imposé comme… un étalon de mesure de denrées agricoles (équivalent à une bonne vingtaine de sacs d’oranges). Vous dire, il y a même un Desfile del Yipao chaque année. Une véritable institution !


Jeep Willys chargée de produits agricoles lors d'un défilé Yipao



La vallée de la Carbonera... on lève les yeux s'il vous plait !

Pour en revenir à notre voyage, notre Willys nous emmène à la vallée de la Carbonera, une vallée où poussent de grands palmiers à cire, un site beaucoup mieux préservé que la vallée de la Cocora habituellement proposée aux touristes du fait de sa facilité d'accès... Car se rendre à la vallée de la Carbonera, ça se mérite !


Forêt de palmiers à cire dans la vallée de La Carbonera

En effet, pour s'y rendre, il faut faire environ 2 heures de 4×4 sur une piste de montagne et franchir un col de la cordillère Centrale à plus de 3300 mètres d'altitude !


Cette vallée abrite la plus grande forêt de palmiers à cire (palma de cera) du monde. Selon certaines sources, son état de conservation serait lié au fait qu'elle ait été sous le contrôle des FARC jusqu'aux accords de 2016, ce qui l'aurait tenue à l'abri du développement industriel.



Les palmiers à cire

Sur l'écorce de ces palmiers d'une hauteur pouvant atteindre les 90 mètres, on trouve donc une sorte de cire.

Cire visible sur le tronc d'un palmier à cire

Cette cire était utilisée par les indigènes pour modeler les figurines qui servaient ensuite de matrice pour créer des moules dans lesquels était coulé de l'or. Ce procédé permettait de réaliser des objets d'une finesse incroyable comme ceux qui nous ont émerveillés au musée de l'or de Bogotá.


Elle servait aussi à la fabrication de bougies qui duraient beaucoup plus longtemps qu'avec la cire d'abeille.


Si les indigènes connaissaient depuis longtemps la cire de ces palmiers, une histoire locale raconte qu'un botaniste, parti en expédition afin d'identifier un maximum d'espèces, s'est arrêté à Salento dans le cadre de sa mission. Il a rejoint la chambre de son auberge muni d'une bougie et il s'est endormi sans la souffler... Quelle ne fut pas sa surprise quand au réveil, il constata que la bougie ne s'était pas totalement consumée pendant la nuit. Il a voulu en savoir plus et aurait ainsi été amené à s'intéresser au palmier à cire. Je n'ai pas réussi à retrouver le nom de ce botaniste, mais j'aime à croire à cette histoire.

A pied et/ou à cheval

Si le matin, les plus vaillants (il y avait trois autres Français avec nous pour cette journée) ont fait une longue marche à pied, j'ai opté pour le 4×4... Mais l'après-midi, c'est à cheval que nous avons tous (même moi !) sillonné cette magnifique vallée d’altitude.


Bon, ce fut hippique et épique ! Je ne vais pas m'étendre sur l'élégance de mes montées et descentes de ma placide monture ni même de ma posture genre statue pendant les premières minutes, mais je l'ai fait ! J'ai même réussi à me détendre, ce qui m'a permis de profiter de ce moment incroyable ! Merci à tous ceux qui m'ont aidée et encouragée : Dominique (même s'il était inquiet et réticent au début), Richar, son frère Daniel et même le propriétaire des chevaux... sans oublier ma monture à 4 pattes et la plateforme de la jeep Willys, un marche-pied presque idéal !


Une petite vidéo résumé





Connaissez-vous les jeux de la Rana et du Tejo !

Richar nous a aussi proposé de découvrir deux des jeux emblématiques de la Colombie.


La rana

Jeu de la rana en Colombie

Ce jeu d'adresse serait, selon Wikipedia, né au XVIIIe siècle dans le nord de la France, une assertion que réfutent les Colombiens pour qui l'origine serait à chercher du côté des Incas. Va savoir !!!




Quoi qu'il en soit, le jeu consiste à lancer des billes ou des palets sur une sorte de plateau suffisamment habilement pour qu'ils tombent dans les trous présents sur le support.




À chaque trou, est associé un nombre de points, sachant que si la bille s'engouffre dans la bouche de la grenouille, c'est jackpot.





Le Tejo


Partie de tejo en Colombie

Ici, beaucoup moins de contestation sur les origines, cet autre jeu d'adresse, toujours très en vogue, trouve ses origines chez les Muiscas, bien avant l'arrivée des Espagnols.


Des triangles de papier contenant de la poudre sont disposés sur une sorte de fer à cheval placé sur une cible inclinée faite de terre glaise. L'objectif est de les faire exploser en les percutant avec un lourd palet de métal.


Nous avons pu observer les pros, ceux qui participent aux compétitions. Ils lançaient le tejo, ce fameux palet de métal d'un poids de plus de 600 g depuis l'impressionnante distance de 20 mètres... Nous nous sommes amusés à ce jeu mais avec une distance adaptée à notre amateurisme !




La finca de Don Elias à l'Eje Cafetero

Pour découvrir l'Eje Cafetero, nous avons repris notre Willys et emprunté des chemins sillonnant les plantations de café à flanc de colline.


Planter

Arrivés à la finca Don Elias, notre visite a débuté par une présentation des 4 variétés d'arabica. Les caféiers poussent à ces altitudes toujours accompagnés d'autres espèces de plantes qui leur procurent de l'ombre. Un plant de café produit un an après sa mise en terre et ce pendant une quinzaine d'années avec une taille à mi-parcours (on coupe très bas en laissant une branche). Certaines espèces sont sensibles à la rouille, mais chez Don Elias, pas de produits chimiques, le café est bio.


Récolter

Le café se récolte généralement deux fois par an (mai et novembre), mais pour obtenir des cafés de meilleure qualité, la récolte chez Don Elias se fait le plus souvent et à la main afin de ne sélectionner que les grains rouges, appelés cerises.




Fermenter

La visite s'est poursuivie par une description des processus de fabrication. Pour le café dit "lavado", une machine actionnée manuellement enlève la pulpe de la cerise pour laisser apparaître un grain jaunâtre entouré de mucilage appelé "miel" de café. Ce "miel" est à l'origine de la fermentation, une fermentation que l'on limite à 24h.


Sécher

Les graines sont lavées, celles qui flottent étant éliminées. Elles sont ensuite mises à sécher pendant 7 jours à l'air libre.


Torréfier

Une fois la fine pellicule entourant le grain retirée, c'est le moment de la torréfaction, une étape délicate pour obtenir un bon café ! Les grains ne doivent pas brûler et il faut adapter la position des claies dans le torréfacteur, toutes ces précautions conditionnant la qualité finale du futur breuvage...


Déguster

Nous avons terminé la visite par la dégustation d'un café réalisé avec les grains de café que nous avons nous-mêmes moulus, le tout accompagné de précieux conseils de préparation. Dès notre retour sur Shazzan, nous n'avons pas manqué de mettre en pratique les recommandations données pour sublimer ce nectar !


La version la plus répandue sur l'origine du café en Colombie serait celle racontée par José Gumilla, un missionnaire jésuite espagnol du XVIIIe siècle, dans son ouvrage sur le fleuve Orénoque. Il y raconte avoir lui-même semé du café dans cette région, où les jésuites auraient introduit les premiers plants depuis le Venezuela au début du XVIIIe siècle.


Les villages colorés de Filandia et Circasia

Nous y étions un week-end prolongé par un lundi férié et donc beaucoup, beaucoup de personnes déambulaient sur les places et dans les rues des villages. Il faut savoir que la Colombie est l'un des pays où il y a le plus de jours fériés et que les colombiens en profitent pour se balader dans leur pays, ce qui est devenu plus facile depuis les accords de 2016 avec les groupes armés.



Les maisons sont peintes dans un style qui aurait notamment des origines basques, héritage des colons venus d'Antioquia. Nous devions ensuite visiter une volière mais une pluie battante a abrégé notre balade.



Et pour finir, nous sommes sortis en discothèque

Soirée en discothèque avec nos amis colombiens

"Et si vous veniez avec nous en discothèque ce soir !" nous demandent Richar et Daniel. Avec plaisir , mais ne comptez pas sur nous pour danser !


Nous retrouvons les amis de Richar et Daniel autour d'une table au Majesty à Armenia. Nous partageons une bouteille de rhum servi dans des mini verres avec un peu d'un soda rose dont j'ignore le nom, accompagné de pop-corn et de morceaux de mangues vertes salées...


Nous nous sommes régalés en regardant la petite équipe d'amis danser avec une sensualité et une aisance des corps, que je vous l'avoue, je leur envie !



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© 2021 Voilier Shazzan

Crédit photo : Equipage Shazzan, Machin Truc, Violaine Parcot,

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