🇵🇪 Pérou #1 : Premiers pas au pays des Incas et des cochons d'Inde
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
À Cusco, nous pensions entrer de plain-pied dans le monde des Incas. Entre altitude, quipus, marchés populaires et cochons d’Inde, nos premiers pas au Pérou vont déjà nous réserver quelques surprises !
Le Pérou ! Nous voilà donc arrivés au pays des Incas, du Machu Picchu, du fameux lac Titicaca et des énigmatiques géoglyphes de Nazca ! Nous sommes impatients de découvrir ce pays mythique et c’est tout excités que nous atterrissons à Cusco, notre camp de base pour visiter ce que nous considérons à ce moment-là comme le top du top du Pérou : la vallée des Incas et le Machu Picchu ! En effet, nous ignorons encore à ce moment-là que le Pérou est un pays riche d’une très longue histoire et de peuples bien plus anciens que les Incas, que le Pérou des bords de mer est bien différent de celui des montagnes… Nous ignorons encore que les paysages de la Cordillera Blanca vont nous époustoufler et que certaines visites nous plongeront dans des univers inconnus et parfois un peu flippants !
Ah bon, il faut s’acclimater à l’altitude ?
Première étape, Cusco… ce qui, d’un point de vue de l’acclimatation à l’altitude, n’est vraiment pas la meilleure idée car la ville est juchée à environ 3 400 mètres !

Nous le savions mais nous avons pourtant fait sciemment ce choix car d’une part, nous sommes déjà en septembre et il est grand temps de s’y rendre si nous voulons avoir une chance de voir le Machu Picchu sous le soleil et, d’autre part, comment résister à l’idée d’y fêter jour pour jour nos 45 ans de mariage !
Nous avons donc réservé notre visite pour le 29 septembre, ce qui nous laisse 10 jours sur place pour nous accoutumer à l’altitude et en savoir plus sur ce peuple inca, un peuple connu du monde entier bien qu’il n’ait régné qu’une centaine d’années !

Mais, dès la descente de l’avion, je suis prise de vertiges et pour ne pas m’étaler comme un phoque haletant sur le sol, je dois marcher encore plus doucement que d’habitude (c’est vous dire, un escargot aurait eu toutes ses chances de me doubler) !
Problème local, solution locale : le propriétaire du très modeste logement que nous avons réservé me donne des sachets de feuilles de coca dont l’infusion va un peu me soulager.
Rassurez-vous, je n’ai pas vu ni lama rose, ni vigogne multicolore,ni lama jouant de la flûte, pas plus ce jour-là que quand j’ai carrément mâché des feuilles séchées plus tard pendant notre séjour pour retrouver de l’énergie après une ascension épuisante !
Balade en ville : la vie d’hier et d’aujourd’hui
Nous avons pris le temps de visiter la ville de Cusco, la ville considérée comme le nombril du monde par les Incas (désolée pour les habitants de Pougne-Hérisson !!!) et de surcroît, une ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Nous avons beaucoup traînassé sur la Plaza de Armas, sillonné les allées des marchés locaux, découvert l’artisanat local et la gastronomie, mais aussi arpenté les rues en tuk-tuk, en taxi et à pied, bien sûr, le tout émaillé de visites : élevage d’alpagas, édifices religieux, musées parmi lesquels le fameux musée d’art précolombien qui regorge d’objets des différentes cultures incas et pré-incas (Mochica, Humaya, Casma, Huari, Chimú), sans oublier le pittoresque musée du coca !
Vue panoramique sur Cusco et les montagnes environnantes Ruelle du centre historique de Cusco Plaza de Armas de Cusco Objets précolombiens exposés dans un musée de Cusco Collier précolombien exposé dans un musée de Cusco Statuette précolombienne exposée dans un musée de Cusco Étal de graines et produits secs dans un marché de Cusco Scène de rue dans un marché de Cusco Allée d’un marché couvert de Cusco Étal de produits locaux dans un marché de Cusco Église sur la Plaza de Armas de Cusco Alpagas dans un élevage près de Cusco
Parmi les choses qui nous ont vraiment marqués : la pierre aux douze angles et le quipu.
La pierre aux 12 angles : une merveille architecturale
L'un des murs de l'ancien palais de l’Inca Roca (1350-1380) intégrait une pierre remarquable de quelque 6 tonnes qui avait la particularité d'avoir 12 angles.
Aujourd'hui, ce qui reste de ce mur sert de soubassement au Palais archiépiscopal de Cusco et cette fameuse pierre est toujours visible. Elle est tellement bien imbriquée dans ses voisines, et ce sans aucun mortier ni ciment, qu'il serait impossible de glisser une feuille de papier à cigarette sur son pourtour. Cette prouesse est à mettre en perspective avec le fait que les Incas ne maîtrisaient pas le fer : ils utilisaient des outils de bronze, de cuivre ou de pierre, et auraient également utilisé, dans certains cas, des coins de bois secs qu’ils mouillaient pour les faire gonfler afin de fracturer la roche, ainsi que des abrasifs naturels comme le sable pour le polissage.
Mur inca en pierres polygonales à Cusco Christine devant la pierre aux douze angles à Cusco Détail de l’assemblage des pierres d’un mur inca à Cusco
Ce mur, comme de nombreux murs incas, est un véritable puzzle ne suivant absolument pas une géométrie rectiligne. Il a résisté à plus de six siècles d’intempéries et de séismes, ce qui vaut à la pierre aux douze angles d’être devenue l’un des symboles du savoir-faire architectural des Incas.
Le quipu : la mémoire sans l’écriture

Le quipu est un objet fait de cordelettes qui permettait aux Incas de mémoriser et transmettre des informations très diverses au travers d’un système de nœuds et de couleurs.
On est encore bien loin d’avoir totalement compris son fonctionnement.
Il aurait été utilisé :
dans la vie quotidienne : mémorisation des messages remis aux coursiers, gestion du patrimoine et des affaires...
pour la gestion de l’empire : administration, recensement, perception des impôts, comptabilisation des stocks et des biens...
et peut-être pour conserver des informations historiques, religieuses ou narratives, un usage encore mal compris aujourd’hui.
En savoir plus : https://www.nationalgeographic.fr/histoire/les-quipus-le-code-secret-des-incas-civilisations-percolombiennes
Mais pourquoi les étrangers boudent-ils les déjeuners au marché ?
Nous avons souvent déjeuné dans des marchés populaires.

La nourriture y est excellente, faite maison et sur place devant le client assis à un comptoir qui fait le tour de la micro-cuisine.
Le menu soupe/plat/boisson ne coûte que quelques euros.

On y trouve aussi des stands de jus de fruits et légumes frais, faits minute, qui sont une véritable tuerie !
Je ne comprends pas pourquoi nous y étions souvent les seuls étrangers quand on sait que les restaurants touristiques du centre proposent des plats à 15 ou 20 euros...
Vous préférez manger ou costumer le cochon d’inde ?
Le plus surprenant en termes de découverte culinaire a probablement été le plat de mon repas d’anniversaire : du cochon d’Inde, ici appelé cuy ! Bon, pour ne rien vous cacher, c'est quand même assez sec !
Dégustation de cuy à Cusco Restaurant spécialisé dans le cuy à Cusco Cochons d’Inde destinés à la cuisine dans un restaurant de Cusco
Dégustation de cochon d'Inde... le restau spécialisé et son stock vivant
Le cochon d’Inde est un animal emblématique au Pérou.
Si en Europe, c’est surtout un animal de compagnie qui galope dans sa roue au fond d’une cage, ici il est aussi considéré comme un mets de choix ! L’État promeut son élevage et sa consommation car sa viande est riche en protéines et pauvre en graisse. De fait, de nombreuses familles en élèvent elles-mêmes, notamment pour accompagner les repas les plus festifs !
De plus, ce petit rongeur est célébré le deuxième vendredi d’octobre dans tout le pays, à l’occasion d’une journée qui donne lieu à toutes sortes de concours : concours de cuisine, courses de vitesse et concours d'élevage, version péruvienne du concours général agricole qui consacre la plus belle vache au Salon de l’agriculture de Paris.

Mais le plus fun est la Cuy Fashion qui voit concourir le cochon d’Inde et son propriétaire vêtus de costumes traditionnels !!!
Notre guide Noémi était toute fière de nous montrer la photo célébrant sa victoire à la dernière Cuy Fashion de Cusco...
...mais quand nous lui avons demandé si elle avait toujours l’animal, elle a paru très surprise : bien sûr que non, gagnant ou pas, il était passé à la casserole !



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