🇲🇽 Mexique #3 : Chaud, chaud, les Mexicanos
Dernière mise à jour : il y a 17 heures
De Puebla aux canaux de Xochimilco et jusque dans les gradins survoltés de l'Arena México, impossible de résister à l'énergie des Mexicanos : ici, on rit, on chante, on mange et on fait la fête... même dans les embouteillages !
Maintenant que vous connaissez un peu mieux notre famille mexicaine et que vous savez tout ou presque sur le Día de los Muertos, il nous reste à vous parler de notre escapade dans la région de Puebla, à vous convier au spectacle haut en couleur et en ambiance des luchadores et à vous embarquer sur une trajinera à Xochimilco ! Ah, j'allais oublier les deux concerts qui nous ont plongés dans des univers très différents !
En route pour Puebla
La colo de vacances prend la route !
C'est décidé, nous partons tous (sauf Azul qui travaille ces jours-là) pour la région de Puebla et plus précisément pour le village de San Juan Tetla où se trouve la maison familiale de Celeste.
Nous louons donc une voiture à 7 places pour quelques jours mais les deux places à l'arrière semblent davantage prévues pour des enfants de cinq ans que pour des adultes. Entre une handicapée des jambes, une femme enceinte, Dominique qui conduit et Cielo qui copilote, le choix est assez restreint... Ce sont donc Celeste et Dante qui vont devoir s'y installer !

Toute l'équipe est joyeuse ! L'ambiance musicale remporte la palme de la diversité puisque nous choisissons à tour de rôle le morceau à diffuser, ce qui nous vaut de découvrir que la chanson Lolita d'Alizée a carrément la cote au Mexique, enfin au moins auprès de Paco !
Dans la maison familiale de Celeste
Bien sûr, on cuisine et on partage les repas mais il y a aussi les soirées dés, les moments de farniente au soleil sans oublier la visite des serres du frère de Celeste qui est maraîcher.
Cuisine en famille dans la maison de Celeste à Puebla Préparation d'un repas dans la maison familiale à Puebla Christine fait la vaisselle en plein air dans la maison familiale de Celeste à Puebla Soirée en famille chez Celeste à Puebla Moment de détente en famille devant la maison à Puebla Visite des serres maraîchères du frère de Celeste à Puebla
On ne fait pas que manger quand même !
Visite de l'Ex-Convento de San Miguel Arcángel à Huejotzingo (inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO), dégustation de cidre, night tour à Puebla, découverte du Pueblo Mágico d'Atlixco...
Ex-Convento de San Miguel Arcángel à Huejotzingo Intérieur de l'église de Huejotzingo près de Puebla Statue religieuse dans l'église de Huejotzingo Dégustation dans une fabrique artisanale de cidre près de Puebla Visite d'une fabrique artisanale de cidre près de Puebla Centre historique de Puebla au Mexique Repas au restaurant Las Poblanitas à Puebla Préparation de spécialités mexicaines à Puebla Église décorée de fleurs dans la région de Puebla
Saviez-vous que les Mexicains avaient mis la pâtée à la France en 1862 ?
Nous discutons beaucoup ensemble de tout, de rien, de politique, de mode de vie, de cuisine, du Mexique, de la France, de nos parcours mais aussi d'un épisode historique qui relie nos pays.
Savez-vous que les Mexicains ont mis une sacrée raclée à la France un certain 5 mai 1862 ? Un fait dont ils ne sont pas peu fiers, à en juger par le nombre de rues qui s'appellent "Cinco de Mayo" mais aussi par le petit sourire malicieux de Paco quand il nous raconte cette histoire !
À cette époque, le Mexique, ruiné par des guerres, a suspendu le paiement de ses dettes à la France et Napoléon III s'est dit que c'était un bon prétexte pour envahir le pays et y imposer un empereur européen !
Les Français, eux, sont donc déjà en campagne au Mexique depuis plusieurs mois. Le 5 mai, l'armée française marche vers Mexico lorsqu'elle se heurte, à Puebla, au général Ignacio Zaragoza et à ses troupes. Malgré des ressources et des équipements très limités, les Mexicains réussissent à repousser l'assaut d'une armée considérée à cette époque comme l'une des plus puissantes du monde.
Depuis, la bataille de Puebla est célébrée au Mexique comme un symbole de résistance nationale et de courage face à l'envahisseur, c'est-à-dire face à nous, les Français. Décidément, ils sont chauds, chauds, ces Mexicanos et ils ne s'en laissent pas compter !
Bon, il faut bien rentrer !
Le retour à Mexico nous permet de découvrir une autre facette de Cielo : son sens de l'orientation est inversement proportionnel à sa gentillesse ! Elle nous fait prendre des soi-disant raccourcis qui portent à plus de 6 heures un trajet qui nous en avait pris à peine 3 à l'aller !
Je ne vous dis pas l'état des jambes de Celeste et Dante lorsqu'ils s'extirpent enfin de leurs places pour enfants...
Et c'est ainsi que nous nous retrouvons à dîner dans la rue à Mexico à plus de 22h !

Trajineras : 100 mètres à l'heure dans la bonne humeur !
Cielo nous dit : "Nous allons nous promener sur les canaux de Xochimilco, à l'autre bout de Mexico."
Nous voilà partis pour deux heures de bus... une durée de déplacement tout à fait ordinaire à Mexico tant la ville est étendue ! Quand nous arrivons sur place, il faut attendre car il y a un véritable embouteillage de trajineras à l'embarcadère.
Les trajineras, presque les plates du Marais poitevin !
Trajineras ? Mais c'est quoi ? Eh bien, ce sont des barques assez larges à fond plat mais comme nous sommes au Mexique, elles ne sont pas grisâtres voire verdâtres comme les plates du Marais poitevin : ici, elles pètent de couleurs vives ! Et ici, pas non plus de transport de vaches d'un pré à l'autre : les trajineras sont équipées de tables et de chaises posées juste comme ça sur le fond de la barque et ce sont bel et bien de joyeux convives qui s'y installent.
Vous pouvez venir avec vos packs de bière ou votre glacière mais rassurez-vous, si vous arrivez les mains vides, vous pourrez commander de quoi faire des en-cas et boissons à la mexicaine :
quelques morceaux de mangue au Miguelito (un mélange de chile, de sucre ;
des micheladas : bière, citron, tamarindo, chile bien piquant dans la boisson et sur le bord du verre ;
des snacks tous aussi piquants les uns que les autres, notamment des Doritos Dinamita (rien que le nom, hein... Dinamita !!!) ;
et même les délicieux tacos dorados préparés sur l'une des petites barques qui se faufilent entre les trajineras : la cuisinière à genou au fond de la barque, un brasero et c'est parti !
J'ai tout goûté, même les chips au piment, ce qui, vous vous en doutez, m'a mis instantanément le feu au gosier et aux joues !
Christine, Dominique, Cielo et sa famille sur une trajinera à Xochimilco Préparation d'un plat à bord d'une trajinera à Xochimilco Christine goûte une michelada à bord d'une trajinera à Xochimilco
Ici, pour les déplacements, pas de moteur mais un "gondolier" qui fait avancer l'embarcation avec une très longue perche qu'il plante dans le fond du canal. Comme on dirait en Vendée : "il pigouille !" Et disons-le, c'est un joyeux bazar qui, bien loin de générer du stress, nourrit l'esprit festif qui règne ici.
Mais revenons à l'embarcadère ! Notre trajinera arrive et des personnes viennent spontanément donner un coup de main pour m'aider à embarquer. Voilà notre fine équipe à bord, à savoir la famille mexicano-française mais aussi le fauteuil roulant qui facilite mes déplacements, des jus de fruits frais, les bières et les micheladas sans oublier les Doritos Dinamita et autres douceurs !
Même dans les embouteillages, on fait la fête !
Nous avons à peine quitté le quai que nous voilà empêtrés au milieu d'un énorme bouchon : toutes les embarcations sont bloquées car le canal n'est pas très large. Entre les trajineras qui s'arrêtent pour une pause pipi ou un achat de plantes dans une pépinière, il devient difficile d'avancer. Je n'ai pas encore compris comment les barques des vendeurs parvenaient à se faufiler au milieu de tout ça !
Mais pas de problème, pas de voix énervées ou d'invectives, tout se passe dans la joie, la bonne humeur et la musique.

Les mariachis assurent l'ambiance même s'ils sont concurrencés en termes de décibels par les gros haut-parleurs des trajineras où l'on fête un anniversaire ou un enterrement de vie de jeune fille...
Nous comprenons vite que c'est un lieu où l'on vient prendre du bon temps alors peu importe si on met une heure à faire 100 mètres... surtout quand on peut boire un verre et se remplir le ventre car ici on mange à toute heure et souvent !
On finit nos 4 heures de balade dans la nuit (sans éclairage bien sûr sur la barque) mais en fait, on n'a pas vu le temps passer... On a même chanté en français et en espagnol et on a passé une sacrée bonne journée en famille !
L’ajolote, la drôle de star de Xochimilco, voire de Mexico !
Ah, j'allais oublier de vous parler des ajolotes que nous avons découverts lors d'une "escale" de notre trajinera. Les ajolotes sont de petits animaux aquatiques endémiques de la vallée de Mexico que les Mexicains adorent et arborent un peu partout (tee-shirts, sacs, peluches... et même sur le billet de 50 pesos) ! Il faut dire que c'est une sacrée petite bestiole qui a le pouvoir de régénérer ses membres et même une partie de son cerveau et de ses organes internes...
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Un ajolote de l’Ajolotario Tlazocamati Tonantzin | Crédit photo : hex7ech / Numista — CC BY-NC |
En savoir plus : https://www.geo.fr/animaux/axolotl-et-si-lavenir-de-lhomme-dependait-de-cet-animal-capable-de-sauto-regenerer-209268
Les luchadores : une institution mexicaine
Vous connaissez tous le catch, ce show de lutte avec les gentils et les méchants ? Eh bien, au Mexique, les spectacles de lucha libre, s'ils s'apparentent au catch, se révèlent être une véritable institution et, comme toujours dans ce magnifique pays, ils se déroulent dans une ambiance joyeuse, sonore et colorée ! Nous voilà partis avec Dafne, Cielo et Dante à l'Arena México et nous sommes prévenus : ça va être chaud, chaud avec les luchadores mexicanos !
Tu choisis quel masque !
Une fois descendus des transports en commun, nous nous dirigeons vers l'arène qui accueille le spectacle... Et dès que nous sommes dans la rue, l'ambiance de la soirée commence à se faire sentir car tout le monde est souriant et on voit même cette bonne humeur dans les yeux des têtes cagoulées ! Oui, cagoulées, car chaque aficionado de la lucha libre a son lutteur chouchou et arbore fièrement le masque de son favori pour assister à ses exploits.
Marchands de masques de lucha libre près de l'Arena México Danté avec un masque coloré de lucha libre à Mexico Cielo et Dafné avant le spectacle de lucha libre à Mexico
Les marchands ont bien compris le principe car ils sont installés à proximité de l'entrée et proposent des cagoules de toutes les couleurs et de toutes les tailles, même taille enfant !
Que le show commence
Nous voilà installés dans les gradins et, bien que le spectacle n'ait pas encore débuté, l'ambiance monte. La lumière de la salle baisse : que le spectacle commence !
Au centre de l'arène, le ring est sous les feux de la rampe avec effets stroboscopiques et faisceaux lumineux dignes des plus grands spectacles hollywoodiens !
Chaque lutteur est présenté et son visage apparaît en gros plan sur des écrans géants. Fier comme Artaban, il descend l'escalier monumental qui le mène au ring, masqué et vêtu d'un costume chatoyant et coloré. Il essaie d’impressionner la galerie en montrant ses muscles saillants et en bombant le torse. Inutile de vous demander si c'est un gentil ou un méchant car, si ses mimiques vous en donnent immédiatement une idée, la couleur de son costume est un indice tout aussi valable. Et s'il persiste le moindre doute, les huées ou les vivas du public ne vous en laissent plus aucun !
Le public connaît les protagonistes et l'on comprend pourquoi Dante nous disait que les lutteurs sont de véritables stars au Mexique !
Quant à leurs noms, ils éveillent l'imaginaire même des Français que nous sommes : Guerrero Maya (le guerrier maya), Luciferno, Virus (pas besoin de traduction pour ces deux-là !), mais aussi Máscara Dorada (le masque doré) ou encore Volador Jr. (l'homme volant) !
Tout un programme !
Pendant toute la soirée, nous avons pu voir que ces lutteurs sont des sportifs accomplis mais aussi de véritables acteurs !
Le scénariste ne semble pas avoir beaucoup bossé car chaque combat semble suivre un enchaînement bien rôdé :
entrée en scène des artistes sportifs avec un teaser genre « je suis le plus fort » : saut depuis les cordes entourant le ring, acrobatie spectaculaire, provocation de l'adversaire !
premier round où les gentils sont en difficulté et les méchants pavoisent sous les huées du public ;
deuxième acte pendant lequel le combat est serré et l'issue semble incertaine ;
dénouement final où les gentils prennent indubitablement le dessus sous les acclamations des spectateurs... les méchants quittent alors le ring la mine déconfite mais avec, on le sent bien, des envies de revanche !
quant à l'arbitre, il est évident qu'il est de mèche car nous l'avons même vu détourner la tête de manière éhontée à un moment crucial !
Le speaker est un véritable chauffeur de salle
Le speaker joue aussi un rôle essentiel en électrisant le public pour faire monter l'ambiance... Une fois qu'il lance la tonitruante phrase rituelle : « Lucharán a dos de tres caídas sin límite de tiempo » (« Ils vont lutter pour remporter deux manches sur trois, sans limite de temps »), il est impossible de rester impassible et nous avions tous la voix éraillée en sortant tellement nous avions crié ! Même s'il s'agit d'un combat avec coups, sauts et placages, la lucha libre est avant tout une sorte de pantomime baroque à laquelle le public prend largement sa part (j'y ai même appris quelques insultes populaires !)

Franchement, si vous vous rendez à Mexico, allez assister à un spectacle de lucha libre, c'est vraiment une sacrée expérience !
En avant la musique
La musique est présente partout à Mexico... Quelques exemples en images : groupes de rue, record Guinness de mariachis, concert de musique de chambre au Palacio de Bellas Artes !
Les boucles d'oreille des hermanitas
Avant de refermer cette bien trop courte parenthèse mexicaine, il faut quand même que je vous raconte l'histoire des boucles d'oreilles. Comme nous étions tristes de nous quitter avec ma hermanita Cielo, nous avons eu l'idée de nous partager des paires de boucles d'oreilles pour être un peu avec l'autre à chaque fois que nous les porterions. Nous avons donc exactement les mêmes ! | ![]() |
Ma petite sœur mexicaine m'a offert des boucles symbolisant notre séjour dans sa famille : un ajolote et une Lele, cette petite poupée traditionnelle dont nous avions fièrement arboré les coiffes pendant le Día de los Muertos. De mon côté, j'ai choisi un citron et une pastèque. Le citron, parce que Cielo en met absolument partout, ce qui nous amuse autant que sa famille. La pastèque parce que c'est un souvenir de notre traversée commune entre la Colombie et Saint-Martin : Dominique avait tenté un hypothétique pastequa pour proposer un dessert à Cielo et il avait fallu qu'il sorte le fruit pour qu'elle comprenne de quoi il parlait ! J'en connais trois qui, à tout jamais, ne mangeront plus de sandía, mais de la pastequa ! | |






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